Les minutes de la dernière réunion de la Réserve fédérale début novembre ont créé la surprise mardi soir. Plus que le détail de cette discussion, qui a entériné les mesures d’«assouplissement quantitatif» (QE2), c’est la révélation d’une réunion par vidéoconférence tenue secrète mi-octobre qui a retenu l’attention mercredi.

A cette occasion, les membres du Comité de politique monétaire (FOMC) ont évoqué des mesures de relance plus fortes encore que le QE2. Ils ont ainsi envisagé la possibilité de mettre en place un objectif d’inflation ou un objectif de taux d’intérêt à long terme. Les membres ont aussi discuté d’autres moyens de communication. «Il s’agissait d’une discussion exploratoire, notent les experts de Goldman Sachs, donc aucune décision ne pouvait être attendue. Mais il est clair que le Comité continue d’observer toutes les alternatives permettant de maintenir les taux à court terme proches de zéro.»

Plus de chômage que prévu

Mettre en place un objectif de taux d’intérêt à long terme permettrait de lutter contre la déflation. Une telle option irait plus loin que le QE2, décidé lors de la réunion du 2-3 novembre à l’issue de laquelle la Fed avait annoncé vouloir acheter 600 milliards de dollars de bons du Trésor d’ici à la fin du premier semestre 2011. Avec un taux cible, les montants que la banque centrale pourrait investir seraient en effet potentiellement illimités.

Pour les marchés, «il est clair que la Fed a un taux d’intérêt en tête, même si elle ne le dit pas formellement. Il s’approche probablement de 2,5%», explique Thomas Stucki, responsable des investissements chez Hyposwiss.

L’expert ne pense pas que la Fed en arrivera à opter pour une telle stratégie, même les mesures actuelles ne fonctionnent pas. «La banque centrale lancera plutôt un «QE3» l’été prochain, dont les termes ressembleraient au QE2, si elle s’aperçoit que les créations d’emplois sont toujours trop faibles.»

Une hypothèse à ne pas exclure. Selon les minutes, la Fed a révisé ses prévisions de taux de chômage à la hausse. Il pourrait atteindre 9,0% durant la plus grande partie de 2011 et continuer de dépasser 8,0% à fin 2012. La Fed estime en outre que le taux de chômage structurel pourrait atteindre 6% du fait des dégâts de la crise, soit 0,7 point de plus que ce qu’elle estimait en juin.