La Réserve fédérale américaine (Fed) a clos, mercredi, sa dernière réunion de l'année 2020 et sous l'ère Trump en laissant inchangés ses taux d'intérêt entre 0 et 0,25%. Et, elle a promis d'«utiliser toute la palette d'outils à sa disposition pour soutenir l'économie en ces temps difficiles».

La puissante institution financière a de nouveau étendu jusqu'au 31 septembre 2021, des accords qui facilitent l'accès de banques centrales étrangères aux dollars. Ces compromis, baptisés «swaps», avaient été mis en place en mars face à l'avancée de la pandémie de Covid-19, et avaient été déjà prolongés. Ils visent à permettre à neuf de ses homologues d'accéder facilement aux dollars.

Dans le détail, la Fed va fournir jusqu'à 60 milliards de dollars (49 milliards d'euros) aux banques d'Australie, du Brésil, de Corée du sud, du Mexique, de Suède et de Singapour. Elle donnera accès à 30 milliards de dollars (24 milliards d'euros) à la banque centrale du Danemark, à celle de Norvège et à celle de Nouvelle-Zélande.

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La Fed a déjà des accords de «swap» avec les banques centrales du Canada, du Royaume-Uni, du Japon, de Suisse et la Banque centrale européenne (BCE).

Une alternative pour accéder aux dollars

L'institution a aussi prolongé le dispositif FIMA repo facility (foreign and international monetary authorities), qui permet à des banques centrales étrangères d'accéder facilement à des dollars en échangeant «temporairement» leurs bons du Trésor américain. «Une extension supplémentaire de ces dispositifs va permettre de soutenir les récentes améliorations observées sur les marchés mondiaux de financement en dollars en servant d'important filet de sécurité pour un approvisionnement en liquidités», a souligné la Fed.

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Dans le cas spécifique du «FIMA repo», il va «continuer à permettre un fonctionnement fluide du marché obligataire en fournissant une alternative temporaire pour accéder aux dollars», ajoute la Fed.

La reprise se poursuit

L'économie américaine continue de se redresser mais reste bien en deçà des niveaux d'avant la pandémie et il faudra attendre 2023 pour que le taux de chômage soit proche de celui d'avant crise, a souligné la Banque centrale américaine. La réserve fédérale table désormais sur une contraction du Produit intérieur brut de 2,4% cette année avant une croissance de 4,2% en 2021 et de 3,2% en 2022.

«Le rythme de l'économie dépend fortement de l'évolution» de la pandémie de Covid-19, a prévenu la Fed dans son communiqué publié à l'issue d'une réunion monétaire de deux jours. De plus, la crise sanitaire actuelle continue de peser sur l'activité économique et «pose des risques considérables à moyen terme».

S'agissant de l'emploi, elle estime que le taux de chômage va reculer à 6,7% cette année (contre 7,6% estimés précédemment), avant de tomber à 5% l'an prochain et à 4,2% en 2022. Si les prévisions sont meilleures, le président de la Fed Jerome Powell a souligné que l'amélioration du marché de l'emploi «était plus modéré» au dernier trimestre du fait de la résurgence de la pandémie. «Il reste difficile de comprendre le moment, la portée et les implications économiques du vaccin», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Pour soutenir l'économie, la Fed achète actuellement pour 120 milliards de dollars (98 milliards d'euros) d'actifs par mois, dont 80 milliards (65 milliards) de bons du Trésor et 40 milliards (32 milliards) de MBS (produits financiers adossés à des prêts immobiliers).