C’est la première hausse du taux d’escompte depuis juin 2006 et il prend effet aujourd’hui. Certes il a davantage valeur psychologique que le taux des fonds fédéraux, mais il envoie un signal fort aux marchés financiers. La tendance future des taux d’intérêt est dorénavant à la hausse. Et l’augmentation du taux d’escompte incitera les banques à emprunter davantage sur les marchés privés qu’à la fenêtre de la Fed.

Le geste a surpris. Personne ne l’attendait aussi tôt. Les réactions ne se font pas attendre. Le dollar gagne 1 centime à 1,880 franc ce vendredi et aussi bien les bourses de Hong Kong que de Tokyo baissent de plus de 2% ce matin. L’indice des Futures sur l’indice S & P des actions américaines est pour sa part en repli de 1%.

La Fed a présenté son geste comme un pas vers la «normalisation». Car les innombrables mesures d’urgence prises depuis la fin 2007 représentent une action monétaire unique dans l’histoire des banques centrales.

Les analystes interrogés par l’agence Bloomberg continuent de prévoir le premier resserrement des fonds fédéraux au quatrième trimestre 2010. Goldman Sachs est récemment allé jusqu’à annoncer que ces taux seront inchangés encore deux ans. Certains pensent que la hausse du taux d’escompte ne permet pas d’en déduire un relèvement précoce des taux sur les «fed funds».

En août 2007, la Fed avait réduit l’écart entre le taux d’escompte et le taux des fonds fédéraux à 0,5%, puis en mars 2008 à un quart de point lors de la chute de Bear Stearns.