L'économie américaine se redresse et les prix augmentent, ce qui n'est que temporaire, a affirmé mercredi la Banque centrale américaine (Fed) qui maintient encore son soutien total à l'économie avec des taux d'intérêt proches de zéro.

L'activité économique et l'emploi se sont améliorés, a relevé la Fed, grâce notamment aux «progrès des vaccinations», ont souligné les responsables de la Fed dans le communiqué publié à l'issue de deux jours de réunion.

Ainsi «les secteurs les plus touchés par la pandémie restent faibles mais ont montré une amélioration», et le président de la Fed Jerome Powell a noté, pendant sa conférence de presse, que «les dépenses dans les services ont aussi augmenté, y compris dans les restaurants et bars».

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Les perspectives économiques ne sont pas à l'abri «de risques», mais ceux-ci ne plus qualifiés de «considérables», comme lors de la précédente réunion il y a six semaines.

Une politique monétaire qui reste accommodante

Pour autant, le Comité monétaire de la Fed maintient ses taux d'intérêt directeurs entre 0% et 0,25% pour soutenir l'économie.

Car Jerome Powell a martelé qu'il était encore bien trop tôt pour resserrer la politique monétaire, aujourd'hui très accommodante, afin de ne pas peser sur la reprise de l'emploi notamment. Il n'est même pas encore temps de commencer à y penser.

Une inflation supérieure à 2% en 2021 ne déclenchera pas une hausse des taux

Les Etats-Unis sont «encore loin du plein emploi», a-t-il notamment averti, précisant qu'il manque encore 8,4 millions d'emplois, dont 3 millions dans les bars et restaurants. «L'économie est encore loin de nos objectifs, et cela devrait prendre du temps avant que des progrès notables soient réalisés», a-t-il ajouté.

La Fed veut en effet atteindre un niveau d'emploi maximal et inclusif, et voir l'inflation dépasser pendant un temps la cible de 2% par an, puis se stabiliser autour de cet objectif. Elle va ainsi également continuer à acheter des bons du Trésor à hauteur de 80 milliards de dollars par mois et des titres appuyés sur des créances hypothécaires pour 40 milliards de dollars.

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«Je pense que l'effet (sur l'économie) est proportionnel au montant que nous achetons», a-t-il justifié. Ces achats d'actifs soutiennent l'activité en influant à la baisse sur les taux à long terme.

Et même la hausse attendue de l'inflation, qui est «sur la voie de dépasser modestement les 2% pour quelque temps», ne devrait pas faire flancher la Banque centrale. «Une hausse provisoire au-delà de 2% cette année ne répond pas aux critères» définis pour envisager de relever les taux d'intérêt, a dit Jerome Powell.

«Difficile de prévoir» un retour à la normale

Car cette hausse des prix est vue comme le résultat de «facteurs temporaires». A commencer par l'effet de comparaison sur un an, lorsque les prix avaient baissé avec l'explosion de la pandémie. Ces effets de base «vont contribuer à hauteur d'environ 1 point de pourcentage à l'inflation en avril», a détaillé le président de la Fed. Mais «cela n'aura pas d'implication sur le taux d'inflation» à plus long terme.

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Les prix grimpent également à cause des perturbations mondiales de la chaîne d'approvisionnement, des goulets d'étranglement dans les usines et transports du monde entier. Il est «difficile de prévoir» quand la situation reviendra à la normale, a-t-il commenté, estimant que ces difficultés «se résoudront d'elles-mêmes».

Cependant, il a répété le soutien de l'institution à l'économie, et assuré que si l'inflation devait rester supérieure à 2% pendant trop longtemps, la Fed «utilisera ses outils» pour la faire reculer. L'indice d'inflation PCE, mesure favorite de la Fed, sera publié vendredi pour le mois de mars. Un bond de 0,5% par rapport à février est attendu, après +0,2% en février.

Avant cela, jeudi, c'est le PIB des Etats-Unis pour le premier trimestre 2021 qui sera communiqué. Les analystes prévoient une expansion de 6,5% en rythme annualisé, contre +4% au quatrième trimestre 2020. Sur l'ensemble de l'année, le PIB avait connu sa plus forte contraction depuis 1946(-3,5%).