A la faveur de récentes acquisitions, le groupe bernois (Lyss) Feintool s'est taillé une position de leader mondial dans le secteur des presses de découpage et de formage. Et le titre a vu sa valeur plus que doubler depuis son entrée en Bourse, voici deux ans et demi. Mardi pourtant, l'action a d'emblée chuté à la publication d'un communiqué sur la situation au premier trimestre. Le titre limitant finalement la perte à 5 francs pour clôturer à 760 francs. «En raison des prévisions de ralentissement de la croissance sur le marché américain pour les six premiers mois 2001, les chiffres annuels se situeront dans le bas des fourchettes communiquées précédemment», avertit le groupe bernois. C'est que les marchés sont particulièrement vigilants quant à l'impact du ralentissement américain sur la marche des entreprises.

C'est surtout l'impact du recul de l'industrie automobile qui concerne Feintool au premier chef. Le groupe bernois réalise encore 60% de ses ventes dans ce secteur. Si de grands noms, tels que Ford ou General Motors, comptent parmi les gros clients de Feintool aux Etats-Unis, «heureusement, Chrysler, n'en fait pas partie», confie Paul Häring, responsable financier de Feintool. Celui-ci ajoute que le fléchissement observé au premier trimestre a pu être compensé par la bonne tenue en Europe. «Mais il n'est pas encore possible d'évaluer avec précision l'évolution des affaires aux Etats-Unis.»

Importantes commandes

De plus, les commandes d'un important spécialiste européen des transmissions généreront des effets positifs à moyen terme pour la nouvelle usine de Feintool dans le Tennessee. Paul Häring table donc pour l'ensemble de l'exercice 2000/2001 sur un chiffre d'affaires au bas de la fourchette de 490-510 millions de francs. S'agissant des bénéfices nets et opérationnels, il vise toutefois le milieu des fourchettes respectives de 26-28 millions et 38-42 millions de francs. Ce qui correspond encore à une progression du bénéfice d'exploitation de l'ordre de 20% par rapport à 1999/2000.