Analyse

Le féminisme sauvera pouvoir d’achat et syndicats

Pour soulager les salariés, l’USS dégaine des outils éculés. Des efforts centrés sur les travailleuses gommeraient d’importantes inégalités, tout en offrant de nouveaux relais politiques à l’organisation syndicale, affaiblie par la défaite socialiste aux fédérales

Le menu avait comme une saveur de réchauffé. Présenté devant la presse jeudi à Berne, le plan de l’Union syndicale suisse (USS) censé améliorer le pouvoir d’achat des ménages reprenait pour l’essentiel des propositions antérieures, dont certaines avaient même déjà échoué. Renforcer l’AVS grâce aux excédents de la Banque nationale suisse? Balayé il y a plus de dix ans déjà par le peuple. Tout comme la proposition, qui revient épisodiquement sur le plan fédéral, de lier les primes d’assurance maladie au revenu. Ou encore l’idée de doter la prévoyance professionnelle d’un mécanisme de redistribution, comme c’est le cas pour l’AVS.

Parmi les dix mesures présentées, pourtant, il en est une qui esquisse une solution globale, susceptible d’abattre par effet domino les problèmes soulevés par toutes les autres et de soulager les budgets des ménages: améliorer la condition professionnelle des femmes. Ce point n’a été qu’effleuré devant la presse, «le plan que nous proposons pour augmenter le pouvoir d’achat des ménages apportera des progrès substantiels à la condition des travailleuses», justifie le président de l’USS, Pierre-Yves Maillard. Et si le socialiste vaudois, connu pour ses positions favorables à la cause féminine, prenait le problème à l’envers?