Etats-Unis

Pourquoi les femmes ne dirigent pas de grandes multinationales

6% de femmes dirigent l’une des 500 plus importantes entreprises américaines. Le New York Times essaie de répondre pourquoi, au sommet des grandes entreprises américaines, l’égalité des chances n’est pas encore de mise

Une concurrence féroce, et un plafond de verre robuste. Les femmes peinent toujours à s’imposer à la tête des grandes multinationales. Dans une longue enquête, le New York Times donne la parole aux cadres américaines. Après des années de dur labeur, elles espéraient décrocher le prestigieux poste de CEO. Mais dans un monde dominé par les hommes, leur parcours est semé d’embûches. A peine 6% de femmes dirigent l’une des 500 plus importantes entreprises américaines.

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Mais comment expliquer un tel déséquilibre? Si l’impact du genre est difficile à mesurer, les hypothèses du quotidien américain inquiètent. Les femmes seraient considérées comme fiables, mais bien moins visionnaires que les hommes. Elles seraient également moins promptes à réclamer une promotion. Et beaucoup sont sévèrement sanctionnées au moindre faux pas. Alors que les cadres masculins bénéficient d’une certaine indulgence.


Une histoire exemplaire: Jan Fields, à McDonald’s

Le parcours de Jan Fields est remarquable. Simple employée d’un restaurant Mc Donald’s, elle est devenue présidente de la chaîne de fast-food pour les Etats-Unis. Un poste de numéro 2 qu’elle ne conservera pas longtemps. En 2012, deux ans après sa promotion, la dirigeante est licenciée. A l’époque, le groupe américain enregistre sa première baisse de profits depuis 2003. La conséquence d’un changement de stratégie qui visait à augmenter les prix. Selon elle, cette décision était vitale. Et elle permettait de répondre aux besoins d’une clientèle plus soucieuse de sa santé. Une analyse rejetée par son patron. Ironie du sort, elle était alors considérée comme l’une des femmes les plus puissantes du monde par le magazine Forbes.

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Elle raconte avec émotion son expérience au sommet de cette grande entreprise. Dans un univers masculin, elle devait faire ses preuves en permanence. «Je devais toujours faire mieux que les hommes pour être traitée d’égal à égale. J’ai dirigé des restaurants, réalisé d’importants profits et eu les meilleurs employés à mes côtés.» Mais quand les chiffres virent au rouge, les dirigeantes sont immédiatement en danger, assure-t-elle.


La femme, «une proie»

«Les femmes sont des proies», appuie une ancienne dirigeante qui préfère garder l’anonymat. Elle raconte qu’un collègue rêvait de prendre sa place, alors qu’il n’avait pas obtenu de bons résultats depuis sept ans. Mais il est grand, séduisant et entretient de bonnes relations avec les personnes qui comptent. Des arguments qui ont joué en sa faveur.

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Pourtant, de nombreuses entreprises prennent des initiatives. Elles assurent être attentives à l’égalité entre hommes et femmes. Ces engagements masquent toutefois des pratiques pernicieuses, indique une étude de la Harvard Business Review. Au point que les femmes interrogées par le New York Times se demandent si une forme de misogynie ne reprend pas le dessus dans le monde professionnel.

Une misogynie de retour?

Le quotidien américain fait le parallèle avec la défaite d’Hillary Clinton à l’élection présidentielle. Au moment de l’investiture de Donald Trump, elle prenait la parole pour défendre les femmes. «Nous avons besoin de femmes fortes prêtes à s’avancer et à faire entendre leur voix. Nous devons oser fièrement et diriger audacieusement.» Un message qui ne semble pas porter, quarante ans après l’arrivée des femmes sur le marché du travail américain.

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