Parité 

Les femmes restent rares dans les métiers de la technologie

Le rapport annuel du World Economic Forum sur la parité dans le monde montre que les femmes peinent particulièrement à faire leur place dans les métiers de la technologie. En Suisse, le problème existe aussi

Les femmes s’avèrent encore largement minoritaires dans les métiers liés aux nouvelles technologies. Le problème n’est pas nouveau, mais le rapport du World Economic Forum (WEF) sur la parité dans 153 pays, publié mardi, le souligne avec force.

Si, en politique, la représentation des femmes au niveau mondial s’améliore, leurs opportunités économiques se sont amoindries cette année: à ce rythme, il faudrait attendre 257 ans pour atteindre une parité dans ce domaine, contre 202 ans l’an dernier. En cause? Entre autres, le fait que les femmes soient davantage représentées dans des fonctions touchées par l’automatisation.

Pour combler cet écart, le rapport pointe notamment du doigt le défi que représente la sous-représentation des femmes dans les fonctions émergentes. En effet, il relève, après une enquête réalisée en collaboration avec réseau social professionnel LinkedIn, que seulement 12% des travailleurs sont des femmes dans le domaine du cloud computing (informatique en nuage), 15% dans l’ingénierie et 26% dans l’analyse de données et l’intelligence artificielle. Il n’existe pas de statistiques spécifiques pour la Suisse.

Une question d’image

Mais en Suisse, le problème est le même, selon Brigitte Manz-Brunner, directrice de l’Association suisse des femmes ingénieures (ASFI). «L’écart s’observe déjà pendant les études», souligne-t-elle avant de citer l’enquête de l’Académie suisse des sciences publiée en 2017: la proportion de femmes en génie mécanique, par exemple, est de 9% dans les EPF et de 4 à 5% dans les HES. En informatique, les chiffres sont à peine plus élevés avec 11% et 7%. «En ingénierie civile ou en sciences de la vie, les pourcentages augmentent un peu.»

Swiss Engineering et Economiesuisse communiquaient le pourcentage suivant dans un rapport paru en 2017: seulement 16% des personnes actives dans l’ingénierie en 2015 étaient des femmes.

De faibles taux de femmes dans les formations qui se répercutent logiquement sur le marché de l’emploi, et qui s’expliquent notamment par une question d’image: «Quand on est adolescente et qu’on veut faire comme les autres, ce n’est pas très sexy de dire qu’on aime les sciences», déplore l’ingénieure.

Les Etats-Unis et l’Inde davantage paritaires

Une image à faire évoluer, donc, mais il faudrait aussi «donner confiance aux filles dès l’école sur leurs capacités – identiques à celles des garçons – dans ces branches, estime Brigitte Manz-Brunner. Il faut aussi mettre en avant les femmes ingénieures, pour qu’elles servent de modèles et qu’elles puissent montrer à quel point ce métier est passionnant.» Vesselina Ratcheva, experte en données pour le WEF, suggère aussi d’assurer des environnements de travail inclusifs.

D’autres pays s’en sortent mieux que la Suisse, parmi lesquels les Etats-Unis, l’Inde et l’Italie, précise Vesselina Ratcheva. «Aux Etats-Unis et en l’Italie, 32% et 31% des travailleurs dans le domaine des données et de l’intelligence artificielle sont des femmes.» Des pourcentages bien supérieurs, et pourtant encore loin, eux aussi, de la parité.

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