L'enquête que vient de réaliser Marketing Research Consulting AG pour le Credit Suisse Asset Management Funds sur le marché suisse des fonds de placement, dont «Le Temps» a déjà rendu compte (voir nos éditions du lundi 12 février), permet aussi d'avoir une idée bien plus précise des «non-propriétaires» de fonds. Ce sont en effet ces personnes, dont plus d'un tiers vivent en Suisse romande, qui représentent le principal potentiel de croissance des promoteurs de ces produits.

Socialement, «le non-propriétaire typique est plutôt de sexe féminin», nous apprend l'étude. Outre son origine géographique, il n'a pas d'activité professionnelle à plein temps et sa formation scolaire s'est arrêtée avec la fin de l'école obligatoire. Contrairement au possesseur de fonds, la raison principale pour laquelle il ne possède pas de fonds de placement vient du manque de capital à investir. C'est ce qu'un d'entre eux sur deux explique à l'appui de sa décision de non-investissement. De fait, les revenus familiaux de la moitié des non-possesseurs de fonds sont inférieurs à 6000 francs mensuels et, pour 68% d'entre eux, ils ont une fortune inférieure à 100 000 francs.

Du coup, non seulement ils n'achètent pas de fonds de placement mais ils n'investissent pas non plus dans d'autres produits financiers et restent plus volontiers fidèles au classique compte épargne. En ce qui concerne leurs relations bancaires, les non-propriétaires de fonds sont surtout clients dans les banques cantonales (34% d'entre eux contre 27% pour les possesseurs de fonds), à l'UBS pour deux d'entre eux sur dix et dans les Banques Raiffeisen (16%).

Manifestement, ils ont déjà entendu parler des fonds de placement auprès de leurs banques de référence. Plus d'un tiers des non-possesseurs de fonds savent en effet ce que sont ces produits et la proportion augmente quand il s'agit d'hommes (42%) et de citadins (39%). La moitié d'entre eux peut même en donner une définition correcte, ce qui représente un progrès substantiel par rapport aux résultats des sondages qui avaient été réalisés les années précédentes. Cela met en évidence le rôle de l'information sur les fonds. Or, comme l'avaient aussi montré les études précédentes, celle-ci reste le monopole du conseiller en placement des banques promotrices. C'est auprès de lui que près de la moitié de ceux qui ont déjà des fonds de placement vont se renseigner.