Risquée l'énergie éolienne? Pas assez aux yeux des dirigeants de Theolia, un promoteur et exploitant de fermes à vent basé à Aix-en-Provence. «Nous essayons de ne pas ressembler à une société d'autoroutes», explique Philippe Perret, son directeur financier, lors du premier congrès Global Wind Energy qui a eu lieu lundi et mardi à Genève. C'est la raison pour laquelle cette jeune société cotée s'intéresse, entre autres, à la production d'électricité à partir de déchets organiques.

Pourtant, avec une puissance éolienne installée de moins de 800 mégawatts (MW), soit l'équivalent de deux centrales classiques de taille moyenne, la France fait pâle figure en comparaison des 18 500 MW en service en Allemagne. Theolia ne dispose elle-même que de 47 MW installés, auxquels s'ajoutent 256 MW en construction ou sur le point de l'être. La France recelant une ressource en vent plus importante que son voisin d'outre-Rhin, le potentiel d'expansion paraît immense. Mais les incitations fiscales qui ont fait le succès de l'éolien en Allemagne créent les mêmes effets en France: Theolia et ses concurrents, dont EDF Energies nouvelles, se livrent une course de vitesse pour occuper les sites les plus ventés (mais pas trop) de l'Hexagone. «D'ici cinq ans, les jeux seront faits; ce sera comme en Allemagne», explique Philippe Perret. «D'où la nécessité d'envisager dès aujourd'hui des relais de croissance», poursuit-il.

Quoique Theolia juge peu excitant, un avenir calqué sur celui des sociétés d'autoroutes, cette voie pourrait se révéler rentable pour la société. En effet, comme en Allemagne, l'Etat français assure un débouché à prix garanti pendant 15 ans à l'ensemble de l'électricité éolienne (20 ans en Allemagne). La construction des fermes à vent étant bien maîtrisée, le modèle d'affaires laisse peu de place aux surprises. «Un investissement de fonds propres de 2 millions d'euros permet d'obtenir un cash-flow libre de 400000 euros par an», assure Philippe Perret. Un investissement aussi confortable qu'une société d'autoroutes.