Pharma

Ferring veut créer 300 emplois sur la Côte vaudoise

Pour ses dix ans à Saint-Prex, le groupe pharmaceutique veut s’offrir une extension de son siège mondial. Le secteur des biotechnologies ne craint pas le franc fort

Derrière la vitre de l’usine Ferring Pharmaceuticals à Saint-Prex (VD), trois techniciens s’affairent autour d’un tableau électrique. Sous le regard de la presse – invitée pour les dix ans du site pharmaceutique vaudois –, les trois employés en blouses blanches entrent les derniers paramètres de fabrication de la nouvelle ligne de production de l’un de ses produits phares: le Pentasa, un médicament contre l’inflammation chronique intestinale.

Opérationnelle la semaine prochaine, la nouvelle installation est le résultat de deux ans de réflexion. Coût de l’investissement: quelque trois millions d’euros. Une dépense incontournable au vu de la saturation de la production de l’usine. Chaque année, elle investit en tout une dizaine de millions pour augmenter sa capacité de production.

Croissance moyenne de 10%

C’est que Ferring ne connaît pas la crise. Depuis l’installation de son siège mondial en terres vaudoises en 2006, l’entreprise, active principalement dans la santé reproductive et la gastro-entérologie, a connu une croissance – en moyenne annuelle – de 10%. Elle a généré en 2015 un chiffre d’affaires de 1,8 milliard d’euros (1,95 milliard de francs, au taux actuel). Non cotée, elle ne communique pas ses bénéfices.

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Pour les dix ans de son implantation sur les bords du Léman, cette «société privée détenue par un seul actionnaire» prévoit d’étendre son siège, regroupant quelque 680 collaborateurs. «Les négociations sont en cours, confirme son président Michel Pettigrew. Nous ne pouvons pas en dire plus. Mais nous nous attendons à atteindre 1000 employés d’ici à 2020.»

Une usine dans un quartier général

Actuellement, près de 60% de la production mondiale du groupe fondé en 1950 à Malmö (Suède) passe par l’usine de Saint-Prex (principalement pour de l’emballage), nichée au cœur de son quartier général. Le renforcement du site concernera principalement les opérations de direction globale. Des réformes rendues indispensables par la croissance d’un groupe employant désormais 6700 personnes réparties dans 56 pays.

Une tendance qui contraste avec les départs de la région d’autres entreprises actives dans les biotechnologies comme Shire, Alexion ou Merck Serono. Cette dernière détient encore le record genevois du plus grand licenciement collectif: 1300 emplois biffés.

Une lieu unique pour une entreprise

Pour le Canadien Michel Pettigrew, la Suisse reste un lieu unique pour les entreprises, même après l’abandon du taux plancher en janvier dernier. Suite à l’abandon du taux plancher, l’entreprise avait dû geler les augmentations de salaires. «Les employés étaient inquiets mais ils ont compris que l’entreprise devait absorber le choc. Il n’y a qu’ici qu’on puisse imaginer une telle réaction.»

Bien que libellé en euros, le chiffre d’affaires de Ferring tient le choc. La direction décide alors d’accorder un bonus de 25% sur les primes de fin d’année afin de récompenser les efforts du personnel. «Pour nous, l’abandon du taux plancher a surtout représenté une opportunité d’améliorer notre productivité», se rappelle Michel Pettigrew.

Le dollar fort contrebalance l’euro faible

Il faut dire aussi que Ferring réalise une part conséquente de ces ventes en dollars. Ferring réalise 32% de ses ventes aux Etats-Unis, son deuxième marché derrière l’Europe, et 16% en Asie. Des marchés qui ont permis de compenser la faiblesse de l’euro par la force de la devise américaine.

La proportion des ventes aux Etats-Unis devrait continuer à augmenter à 35% d’ici à 2020, prévoit le groupe. En 2008, elle était de 18%. Les Etats-Unis «concentrent plus de 40% des ventes de médicaments. C’est un marché incontournable tant par le volume des ventes que par la situation juridique», confirme Michel Pettigrew. Le régime de marché libre permet au secteur pharmacologique de s’octroyer de plus grandes marges. Ferring a récemment investi 130 millions dans l'Etats du New Jersey pour y construire un site regroupant une usine, un centre de recherche et son siège américain.

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