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Feu vert à la coentreprise Swisscom-SSR-Ringier

La Commission de la concurrence (Comco) a annoncé mercredi donner son feu vert à la création de la coentreprise de Swisscom, la SSR et Ringier dans le secteur de la commercialisation de publicité. Elle ne s'attend pas à la disparition d'une concurrence «efficace» sur ce marché

La collaboration dans le domaine de la commercialisation de contenus publicitaires va certes constituer une entreprise forte, a indiqué mercredi la Commission de la concurrence (Comco). Mais le gendarme de la concurrence de la Confédération note que d’autres concurrents importants subsistent en matière de publicité en ligne, TV, radio et dans la presse écrite.

En outre, le développement du marché en matière de publicité TV ciblée est actuellement incertain, ce qui rend une suppression de la concurrence efficace «improbable». La Comco relève encore qu’elle pourra toujours intervenir par la suite si l’entreprise commune atteint une position dominante sur le marché et en abuse.

La coentreprise de Swisscom, de la SSR et de Ringier (propriétaire du Temps) va commercialiser les espaces publicitaires des trois sociétés et de tiers. Elle envisage de développer la publicité TV ciblée et de s’implanter dans le marché ces prochaines années. Les trois partenaires motivent leur démarche par la forte pression concurrentielle des géants comme Google ou Facebook.

Swisscom satisfait

«Nous sommes très contents», a indiqué mercredi à l’ats Urs Schaeppi, interrogé en marge d’une conférence de presse sur la présentation d’un partenariat avec l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). «Nous aurons l’occasion de changer quelque chose sur le marché de la publicité en Suisse.»

Quant à savoir si Urs Schaeppi s’attendait à obtenir le feu vert de la Comco, il a précisé avoir évidemment toujours eu «l’idée que la transaction n’aboutisse pas». «Il y a toujours un point d’interrogation», selon le directeur général de l’opérateur dont la majorité du capital est détenue par la Confédération.

Urs Schaeppi se veut rassurant relativement aux craintes formulées par des éditeurs au moment de l’annonce de la coentreprise à la mi-août. Il ne faut pas avoir d’inquiétudes, estime-t-il. La plate-forme publicitaire est ouverte, tout le monde peut la rejoindre.

Un premier obstacle important a été franchi, a déclaré mercredi à l’ATS le porte-parole de Ringier Edi Estermann. Les partenaires de l’alliance attendent à présent la décision de l’Office fédéral de la communication, qui avait ouvert sa propre enquête en septembre dernier pour constater si la participation de la SSR ne restreint pas excessivement la marge de manœuvre des éditeurs privés et des médias.

Schweizer Medien déplore la décision de la Comco

Schweizer Medien, le pendant outre-Sarine de Médias Suisses, déplore que la Commission de la concurrence autorise la création de la coentreprise de Swisscom, de la SSR et de Ringier dans le secteur de la publicité. L’association d’éditeurs alémaniques n’est toutefois pas surprise de cette décision.

La Comco ne pouvait pas tenir compte de la distorsion de concurrence du fait que la Confédération détient une majorité dans Swisscom et qu’elle finance la SSR via la redevance, écrit mercredi l’organisation Schweizer Medien. Pour l’association, c’est désormais à l’Office fédéral de la communication (Ofcom) d’intervenir.

L’organisation attend de l’Ofcom qu’il interdise l’alliance sous cette forme, poursuit le communiqué. Pour qu’un examen par l’office ne devienne pas une simple «farce», le département compétent doit s’assurer que la coentreprise planifiée ne sera pas mise en place avant la fin de l’enquête.

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