Deux millions et pas un franc de plus. Vendredi, la direction de Filtrona a fait une nouvelle offre aux 150 employés de Crissier (VD), qui réclament depuis plus de six semaines un plan social en cas de fermeture. David Webster, le directeur général de Filtrona venu tout exprès d'Angleterre, «nous a dit que c'était leur dernière offre et qu'il ne fallait pas croire à un chevalier blanc qui viendrait nous sauver», raconte Denise Chervet, du syndicat Comedia.

Initialement, Filtrona proposait 1,2 million. La semaine dernière, l'offre était relevée à 1,7 million. «Insuffisant», ont à nouveau répondu hier les employés, qui n'ont toutefois pas mis à exécution leur préavis de grève. L'arrêt du travail entraînera l'annulation de la proposition a averti la direction. «Etant donné l'importance de la décision, nous avons voulu donner du temps aux employés, mais aussi à la direction pour qu'elle revoie son offre à la hausse», poursuit Denise Chervet. Les employés se réuniront à nouveau lundi à 13 heures pour décider de la suite à donner à leur mouvement.

«Nous allons sans doute reprendre la grève», pronostique un employé qui s'estime insatisfait par les 2 millions mais qui ne croit pas davantage dans l'arrêt de travail pour faire évoluer la position de la direction. En attendant, l'usine croule sous les commandes, puisque le travail de nuit est à nouveau programmé.

Comme ils l'avaient annoncé mercredi (LT du 13 janvier) après une première rencontre avec Jean-Claude Mermoud, les représentants des employés ont décidé de faire appel au chef du Département vaudois des institutions et des relations extérieures. Le conseiller d'Etat, qui doit prendre contact avec la direction de Filtrona, n'a pas souhaité faire de commentaire.