La Commission européenne exige que la Suisse s'engage formellement à ne plus renflouer Swissair et Crossair afin de ne pas fausser la concurrence entre compagnies aériennes. Elle lui demande également de s'expliquer sur les tarifs pratiqués par les deux transporteurs, que leurs concurrents européens accusent de casser les prix.

Le commissaire chargé du dossier Loyola de Palacio a informé vendredi les ministres des Transports des Quinze des derniers contacts entre ses services et la Suisse. Des contacts informels qualifiés de «constructifs et transparents». Ils portent sur l'aide de quelque 2 milliards de francs apportée par la Confédération, les cantons et les banques à Swissair et Crossair.

Celle consentie à Swissair pour poursuivre ses activités jusqu'au printemps «pourrait être totalement interdite», affirme-t-on dans l'entourage du commissaire. Elle est passée au peigne fin par la Commission, qui n'a pas été en mesure de préciser à ce stade aux experts suisses si elle est compatible ou non avec les règles européennes sur les aides d'Etat, en principe interdites. Elles font partie intégrante de l'accord bilatéral sur le transport aérien, qui n'est toutefois pas encore en vigueur.

La Commission, «gendarme» de la concurrence sur le marché européen, exige dans l'immédiat que le Conseil fédéral s'engage à ne plus voler au secours ni de Swissair ni de Crossair. Un expert explique: «Nous voulons une déclaration confirmant que l'aide consentie est conforme à la règle européenne du one time-last time, qui veut qu'une aide d'Etat ne peut être accordée qu'une seule fois.»

L'exécutif européen demande également à la Suisse de se justifier sur les prix pratiqués par Swissair sur les vols vers la Suède et l'Allemagne. La demande fait suite aux plaintes dont elle a été saisie par plusieurs compagnies européennes, dont Lufthansa. L'Office fédéral de l'aviation civile (OFAC) devrait prendre position par lettre dans les tout prochains jours.