Tourisme

Fin du blocage à Crans-Montana

Après quarante-huit heures de fermeture, les Remontées mécaniques de Crans-Montana Aminona ont rouvert ce matin. Sous l’égide de Christophe Darbellay, la société exploitante et les communes ont trouvé un accord

Ce n’était qu’une crise de couple. Ce sont les termes utilisés jeudi par le ministre valaisan Christophe Darbellay. A Sion, sa conférence de presse avait un objectif: mettre fin à la dispute opposant les Remontées mécaniques de Crans-Montana Aminona et les communes environnantes.

Aussi brève fut-elle, la crise de couple aura toutefois pris une ampleur nationale. Le grand public a découvert le conflit mardi en fin d’après-midi. Le président des Remontées mécaniques Crans-Montana Aminona (CMA), Philippe Magistretti, a annoncé qu’il fermait pour une durée indéterminée le domaine skiable. En cause, des désaccords avec Crans-Montana sur la redevance annuelle versée par la commune. Ont suivi deux jours de chaos dans la station valaisanne avant que n’intervienne Christophe Darbellay, conseiller d’Etat chargé de l’Economie et de la Formation.

Posé en médiateur, il a organisé une séance de conciliation entre Crans-Montana, Lens et Icogne, communes associées à CMA, et, en face, Philippe Magistretti. Après deux heures et quart de thérapie conjugale, les deux parties sont arrivées à un accord «dans l’intérêt de la destination et des touristes», a communiqué Christophe Darbellay, soulagé devant la vingtaine de journalistes venus des quatre coins de la Suisse pour suivre l’affaire. «Les discussions se sont faites dans un état d’esprit constructif, et cela en dépit des rancœurs et des blessures», a-t-il ajouté.

Lire également: Fermeture des pistes à Crans-Montana: «Le chiffre d’affaires des prochaines années sera aussi touché»

Forfait à 5 francs

L’accord, d’une validité de trois ans, devait être ratifié jeudi par les trois conseils communaux ainsi que par la société CMA et l’actionnaire majoritaire CPI Property Group, appartenant au tchèque Radovan Vitek. Par conséquent, aucune autre information n’a été dévoilée jeudi après-midi. Hormis la conséquence immédiate de cette discussion fructueuse: la réouverture vendredi du domaine skiable dans des «conditions exceptionnelles, à 5 francs le forfait et avec parking gratuit», précise Philippe Magistretti. La station reprend donc du service jusqu’au 15 avril, comme prévu initialement avec un tarif de fin de saison de 30 francs la journée.

Si la situation semble s’être alignée sur la météo radieuse du week-end, Christophe Darbellay reste prudent: «Je ne parle pas de happy end, il y a encore un processus de discussion prévu sur soixante jours. Mais je suis soulagé car beaucoup de gens ont souffert.» Et de garder à l’esprit le mot d’ordre du jour: laisser le passé et se tourner vers l’avenir. Avec en ligne de mire la candidature de Sion aux Jeux olympiques 2026. La campagne de séduction aura-t-elle été écornée par cette bisbille? «Elle n’aura pas fait que du bien. Mais je suis convaincu que cette crise permettra de resserrer les liens», assure le conseiller d’Etat.

Dégât d’image «incommensurable»

Du côté des parties concernées, on se dit satisfait et on se réjouit d’aller de l’avant. Pourtant quelques divergences persistent, notamment sur les conséquences de la crise. Philippe Magistretti ne regrette pas son action coup-de-poing: «Il s’agissait d’un mal nécessaire, même si c’était une décision difficile à prendre. Elle a permis d’arriver à ce dénouement.» Quant aux ennuis causés aux commerçants durant ces quarante-huit heures, il estime que cela n’est qu’un moindre mal après la belle saison écoulée et sachant ce que ses infrastructures leur apportent tout au long de l’année. «Je suis content que l’abcès soit crevé», assure Nicolas Féraud, président de commune de Crans-Montana. Pourtant, le dégât d’image est «incommensurable» et il faudra travailler dur pour retrouver la confiance des visiteurs envers la destination.

Si tout n’est pas encore réglé, les deux hommes s’accordent au moins sur une chose: Sion 2026. «Nous n’avons jamais eu de désaccords sur les JO. Des études sont en route pour construire un nouveau stade d’arrivée à Crans-Montana», affirme Nicolas Féraud. Et Philippe Magistretti d’insister: «Je ne pense pas que cette histoire influencera la candidature de Sion. Et CMA est à 200% derrière.»

A l’Office des transports, qui avait posé un ultimatum à la société CMA jusqu’à jeudi soir, Christophe Darbellay réplique: «Nous lui offrons la meilleure des réponses avec la réouverture des remontées mécaniques.»

Lire aussi: Qui sont les 6 adversaires de Sion 2026?

Publicité