Dans la série des résultats trimestriels, seules Amazon et Apple ont un peu rassuré le marché jeudi avec des ventes meilleures que prévu, notamment grâce au succès de leurs produits vedettes. Le géant du commerce en ligne a réalisé plus de 121 milliards de dollars de chiffre d’affaires au deuxième trimestre, en hausse de 7%. Son action bondissait de plus de 10% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse.

«Malgré l’inflation qui fait monter le prix du carburant, de l’énergie et des transports, nous faisons des progrès sur les coûts plus contrôlables», a indiqué Andy Jassy, le patron d’Amazon, cité dans un communiqué jeudi. AWS, son service de cloud, leader mondial de l’informatique à distance, a engrangé 19,55 milliards de dollars de recettes (+33% sur un an), mais ses ventes en ligne ont baissé de 4%, à 50,9 milliards. Et son bénéfice opérationnel – indicateur clef de la rentabilité – est ressorti à 3,3 milliards de dollars, moitié moins que l’année dernière. «Cela n’a pas du tout été un trimestre doré», a réagi Andrew Lipsman, analyste du cabinet Insider Intelligence. «L’activité de e-commerce peine à retrouver une croissance positive, et celle d’AWS et de la publicité ralentit».

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L’iPhone toujours prisé

Apple a publié jeudi un chiffre d’affaires trimestriel supérieur aux attentes (83 milliards, en hausse de 2%), grâce à la demande toujours solide pour l’iPhone. Les ventes d’ordinateurs Mac, de tablettes iPad et des objets connectés ont en revanche reculé. La marque à la pomme avait prévenu en avril que les fermetures d’usines en Chine à cause du Covid et la pénurie de silicone nécessaire à la fabrication des puces devaient le priver de 4 à 8 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Mais ces perturbations logistiques «ont été moins importantes que prévu», a assuré le patron du groupe, Tim Cook, lors d’une conférence téléphonique.

Pour le trimestre en cours, Amazon et Apple tablent sur des chiffres d’affaires plus rebondis, malgré l’impact négatif des effets de change. Intel a eu davantage de mal à affronter la tourmente. Le géant américain des semi-conducteurs a vu son chiffre d’affaires baisser de 22%, à 15,3 milliards de dollars et a largement revu ses prévisions annuelles à la baisse. En cause, d’après le patron, Pat Gelsinger, «le déclin soudain et rapide de l’activité économique». Il a aussi mentionné «des problèmes d’exécution», lors d’une conférence téléphonique, concernant notamment le design de produits.

En quelques mois, l’environnement économique des géants des technologies s’est radicalement dégradé. La crise sanitaire et les confinements ont entraîné une explosion des habitudes en ligne, de la consommation au travail et au divertissement. Aujourd’hui la transition numérique continue – la plupart des plateformes gagnent de nouveaux utilisateurs – mais à un rythme ralenti, comparable à celui d’avant la pandémie de Covid-19.

«Faire plus avec moins»

A ce phénomène s’ajoutent de nombreuses contraintes macroéconomiques, à commencer par l’inflation. Google, Meta (Facebook, Instagram), Snap et Twitter, qui dépendent de la publicité, pâtissent donc des coupes dans les budgets marketing des annonceurs. Amazon et Apple composent avec une demande un peu réduite pour certains produits et les difficultés sur la chaîne d’approvisionnement. Le groupe de Seattle, deuxième employeur aux Etats-Unis derrière Walmart, a doublé ses effectifs de 2019 à 2021. Il compte désormais 1,52 million de personnes, environ 100 000 de moins qu’à la fin du premier trimestre.

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D’autres sociétés technologiques ont décidé de ralentir le rythme des embauches, comme Google, Microsoft et Snap. La plateforme de e-commerce Shopify a remercié un millier de personnes, soit 10% du personnel. Netflix, qui a perdu près d’un million d’abonnés entre fin mars et fin juin, a licencié plus de 400 employés sur la même période.

«Nous allons devoir faire plus avec moins de ressources», a déclaré mercredi le patron de Meta, Mark Zuckerberg, après que le géant des réseaux sociaux a vu son chiffre d’affaires trimestriel diminuer pour la première fois de son histoire. «Meta est en train de perdre son emprise sur son immense audience», a souligné Debra Aho Williamson, analyste d’Insider intelligence.

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Les plateformes sociales essaient de garder leur avance face à la concurrence effrénée de l’application TikTok, très populaire chez les ados et jeunes adultes.Google a enregistré le plus faible taux de croissance de ses revenus sur un an depuis le deuxième trimestre de 2020, quand les annonceurs avaient brutalement fermé les vannes au début de la pandémie.