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Les hypothèques pourraient baisser, avec la fin du Libor.
© DENIS BALIBOUSE/Reuters

Immobilier

Avec la fin du Libor, les hypothèques pourraient devenir moins chères

Cela dépendra beaucoup du remplaçant qui sera choisi et de son niveau au moment de la transition mais il est possible que les nouvelles conditions soient plus favorables pour les clients, selon des experts, qui tablent, notamment, sur la volonté des banques de protéger leur réputation

Une chose est sûre: en 2021, on ne parlera de taux Libor que comme d’une relique du passé. C’est ce qu’ont décidé, fin juillet, les autorités britanniques qui le surveillent. Faute d’être suffisamment utilisé par les banques, ce symbole des manipulations financières est tombé en désuétude.

Ce qui est moins sûr, c’est la façon dont sera remplacé cet indice, qui sert de référence pour un montant estimé à 350 milliers de milliards de dollars de produits financiers, des prêts étudiants à des produits complexes, en passant par les hypothèques. En Suisse, il n’existe pas de chiffre officiel sur l’utilisation de ces taux de référence pour les hypothèques dites Libor. Mais, sur les 950 milliards de francs d’hypothèques en cours, il y en aurait pour plusieurs dizaines, voire une centaine de milliards.

Lire aussi: Les taux Libor vont être abandonnés

Pour Comparis, qui souligne aussi l’importance de ce taux pour le marché suisse, ce changement est une bonne nouvelle. Dans une note publiée lundi, l’expert bancaire du site de comparaison en ligne, Marc Parmentier, rappelle que la fixation du Libor n’était pas objective. Elle reflétait en réalité les taux auxquels les banques pensaient pouvoir se prêter entre elles, en francs, livres sterling, dollars, euros et yens, à différentes maturités.

«Un pas dans la bonne direction»

«L’abolition du Libor, si un remplacement correct est trouvé, constitue un pas dans la bonne direction», explique le spécialiste du comparateur. Il évoque le Saron (pour Swiss Average Rate Overnight) comme alternative. Ce taux est calculé chaque jour par la Banque nationale et la bourse suisse et est «nettement moins susceptible d’être manipulé que le Libor». Marc Parmentier assure que les niveaux du Libor et du Saron ont été quasiment identiques et évoluaient de concert, selon des données historiques.

Une fois que la nouvelle référence sera adoptée, les banques détermineront le processus de transition pour les hypothèques des clients privés. «Les accords actuels de crédits et les conditions générales font que les fournisseurs auront la possibilité de changer le contrat de façon unilatérale, en invoquant la clause du changement de conditions monétaires», explique Marc Parmentier. En résumé: libre aux banques de fixer les nouvelles règles. Il estime cependant qu’au vu du nombre élevé de relations d’affaires existantes et du risque de réputation, les établissements n’en profiteront pas nécessairement pour augmenter les prix. A l’inverse, «la transition devrait avoir lieu dans un sens positif pour le client», prédit l’expert de Comparis.

Répercussions mécaniques

L’utilisation d’un nouveau taux de référence aura mécaniquement des répercussions sur les crédits personnels comme les hypothèques, estime également Nikolay Markov, économiste senior chez Pictet Asset Management, car le futur outil ne sera pas exactement au même niveau que le Libor à trois mois.

Parmi ses remplaçants possibles, l’expert précise, lui, que «les Swiss Average Rates à différentes maturités, dont celui à trois mois, sont proches du Libor à la même maturité, tout en étant différents, sans qu’il soit possible de déterminer une tendance à la hausse ou à la baisse, car cela dépend beaucoup des conditions de marché».

Les marges décideront

Quel que soit le nouveau référentiel retenu, un argument milite pour une légère baisse des taux des crédits personnels, dont les hypothèques, relève lui aussi Nikolay Markov, mais pour des raisons différentes de l’expert de Comparis: «Pour certaines opérations, le Libor a été plutôt manipulé à la hausse, on pourrait donc s’attendre à ce que le futur taux de référence soit dans certains cas un peu inférieur».

«Il est beaucoup trop tôt pour s’essayer à imaginer l’effet que ce nouveau taux pourrait avoir sur les hypothèques», nuance un troisième expert du marché des capitaux. Une chose est sûre, selon lui: le niveau des taux au moment où le changement aura lieu sera déterminant. Et si cette référence sera «logiquement plus précise et plus correcte que ne l’est le Libor aujourd’hui, tout dépendra des marges que souhaitent prendre les banques qui octroient des hypothèques».

Collaboration: Servan Peca, Sébastien Ruche

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