Le temps des sourires et des tapes fraternelles dans le dos est terminé. Cette semaine, les deux grands syndicats français ont accusé Nicolas Sarkozy et son gouvernement d'«affront», de «mensonge» et de «méthode malhonnête» après la publication d'un projet de loi assouplissant considérablement les 35 heures hebdomadaires comme durée légale du travail.

Le projet, qui doit être présenté au parlement en juillet, prévoit notamment que les contingents autorisés d'heures supplémentaires seront fixés au sein des entreprises et non plus par secteurs entiers. Les syndicats CGT et CFDT s'estiment trahis, car ils ont signé avec le patronat un texte prévoyant des dérogations à «titre expérimental» uniquement au principe des 35 heures. Ils appellent à des manifestations le 17 juin.

Prise de risque calculée

Cet épisode met fin à une période de plusieurs mois pendant lesquels Nicolas Sarkozy et les syndicats avaient paru s'entendre plutôt bien. Malgré leurs protestations rituelles contre diverses réformes, les principales organisations de salariés avaient accepté de négocier sur des sujets sensibles, notamment l'assouplissement du droit du travail. L'ambiance, désormais, est à l'affrontement.

Venant de Nicolas Sarkozy et de son fidèle ministre du Travail, Xavier Bertrand, cette prise de risque est sans doute calculée. Les 35 heures, fragilisées par de multiples dérogations, sont moyennement populaires, et le président estime sans doute qu'il est temps que son slogan de campagne, «travailler plus pour gagner plus», devienne réalité, au moins dans sa première partie.