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La finance durable poursuit sa progression en Suisse

Selon FNG, les institutionnels investissent toujours plus en utilisant les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance

La finance durable progresse en Suisse

Rapport Selon FNG, les institutionnels investissent toujours plus en utilisant ces critères

Les taux de croissance à deux chiffres sont devenus usuels dans l’investissement durable ces dernières années. En Suisse, les placements durables qui prennent en compte non seulement les aspects financiers habituels mais aussi les critères environnementaux, sociaux ou de gouvernance d’entreprise ont atteint 71,3 milliards de francs en 2014, en hausse de 26% par rapport à 2013, selon des données publiées mercredi par FNG (Forum Nachhaltige Geldanlagen), une structure qui réunit les principaux acteurs de la branche en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Dans ces trois pays, le volume s’est établi à 120,9 milliards d’euros en 2014, un bond de 44% sur un an.

Croissance supérieure à celle du marché des fonds

En comparaison, le volume total du marché des fonds en Suisse atteignait 864 milliards de francs, soit une hausse de 16% sur un an. La progression des placements durables a donc été supérieure à celle du marché en général. «Un taux de progression à deux chiffres a pu être observé pour la troisième année d’affilée», a constaté Patrick Wirth, vice-président de FNG et directeur de l’antenne helvétique, dans un communiqué.

Publié depuis 2005, le rapport sur les placements durables permet de mesurer le chemin parcouru. En Suisse, les montants ­investis sous cette forme avoisinaient les 11 milliards en 2005, pour grimper à 34 milliards en 2007. Après un coup d’arrêt qui a suivi la crise financière, la progression a été régulière depuis 2009. La forte croissance enregistrée l’an dernier inclut toutefois aussi les plus-values du marché.

En 2014, la progression a été particulièrement marquée pour les montants placés sous forme de mandats (36,2 milliards), principalement pour le compte d’investisseurs institutionnels, qui ont été pour la première fois supérieurs aux fonds (34,9 milliards), surtout prisés par les investisseurs privés. Le fait que la part des investisseurs institutionnels ait crû de 59 à 69% indique «l’acceptation croissante des investissements durables par les caisses de pension et les fondations», relève Sabine Döbeli, directrice de SSF.

En tout, 24 acteurs financiers ont pris part à l’étude, comme l’an dernier. J. Safra Sarasin est clairement resté le numéro un du marché des placements durables en Suisse, même si ses parts de marché ont légèrement reculé à 30,8%. Credit Suisse (15,9%), qui inclut aussi la société responsAbility, s’est en revanche hissé au second rang, devançant Ethos-Pictet.

En termes de stratégie d’investissements, l’approche consistant à exclure certaines sociétés de l’univers des placements durables a été la plus prisée avec 51,6 milliards de francs (35 milliards en 2013). Les raisons d’exclure les obligations émises par certains pays sont dans l’ordre l’application de la peine mort, la violation des traités de non-prolifération des armes et la corruption.

Les armes et le tabac comme premiers motifs d’exclusion

Pour les sociétés, les motifs d’exclusion les plus courants sont les activités en lien avec les armes, le tabac, l’énergie nucléaire, la pornographie, l’alcool, le recours aux modifications génétiques et les violations des droits de l’homme.

Deuxième stratégie la plus utilisée, l’approche de type «best-in-class» vise, elle, au contraire à sélectionner les entreprises qui tiennent le mieux compte des critères environnementaux, sociaux ou de gouvernance d’entreprise. Elle a réuni 33,7 milliards de francs, en légère hausse sur un an.

La troisième approche qui, elle, consiste à intervenir lors des assemblées générales pour promouvoir les principes de finance durable se place en troisième position avec 27 milliards, contre 17 milliards un an plus tôt.

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