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La finance durable, un atout pour Genève

A partir de dix changements globaux, Sustainable Finance Geneva a développé une soixantaine d’innovations financières dans un petit livre paru cette semaine

Genève, laboratoire de la finance durable? L’association Sustainable Finance Geneva (SFG) a publié cette semaine un petit livre, Le monde change, la finance innove, qui, à partir de dix changements globaux, présente une soixantaine d’innovations financières, dont une grande partie sont aussi des opportunités d’investissement.

La question aujourd’hui n’est plus de savoir s’il faut investir dans ce secteur, mais comment, et Genève rassemble l’expertise nécessite pour accompagner les investisseurs

«En Suisse, près de 266 milliards de francs sont gérés selon des principes durables. Loin d’être marginale, la finance durable participe à la diversité de la place financière genevoise», rappelle Yves Mirabaud, président de la Fondation Genève place financière, en introduction. L’association a soutenu la publication de l’ouvrage, de même que la Ville de Genève. Car cette dernière, a ajouté Sandrine Salerno, conseillère administrative, «est convaincue de la nécessité de s’orienter vers une finance plus durable» et «les collectivités publiques peuvent jouer un rôle de premier plan, en étant elles-mêmes exemplaires dans la gestion de leur portefeuille». Depuis 2010, la Ville de Genève a adopté des principes d’investissements socialement responsables, précise l’édile socialiste.

Dans un premier ouvrage, SFG avait déjà listé dix transformations globales notables, du changement climatique à la numérisation des données, en passant par les migrations. Toutes, estime cette fondation, créent des opportunités financières. Elle s’est entourée d’une quarantaine d’experts pour les expliquer, montrer le rôle joué par Genève et la Suisse romande et encourager le développement d’une économie et d’une finance plus durables. «La question aujourd’hui n’est plus de savoir s’il faut investir dans ce secteur, mais comment, et Genève rassemble l’expertise nécessite pour accompagner les investisseurs», explique SFG.

Inclusion financière

Des exemples? Le changement climatique a conduit à un nouveau marché en plein essor, celui des obligations vertes, où l’émetteur emprunte des fonds pour financer des projets déterminés et liés à la protection de l’environnement. Les investisseurs peuvent aussi calculer les émissions de CO2 des entreprises dont ils détiennent les actions. Autre transformation, celle induite par l’utilisation généralisée des smartphones, qui permettent d’avoir accès à des services financiers sans banque. KiWi à Lausanne, par exemple, veut favoriser l’inclusion financière des petits entrepreneurs dans les pays émergents en créant une solution de micropaiement.

Des projets se sont aussi développés en lien avec les flux migratoires. C’est le cas de Monito à Lausanne, qui propose une sorte de Comparis des frais des transferts internationaux. Ou de Pintail, à Zurich, qui est en train de lancer une banque sur smartphone, qui s’adresse aux migrants et aux exclus de la finance.

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