La fiscalité s’est imposée comme l’un des principaux sujets au G20 à Saint-Pétersbourg. Alors que la fiscalité de l’épargne et des entreprises réunit déjà un large consensus, un autre champ, peu traité jusqu’à présent, est à l’agenda des dirigeants mondiaux. Il s’agit de la finance de l’ombre plus connu sous son acronyme anglais de «shadow banking». Les spécialistes le décrivent comme l’ensemble des activités et des acteurs contribuant au financement non-bancaire de l’économie ou encore comme tout le système d’intermédiation dans le financement non-bancaire.

Le «shadow Banking» fera l’objet d’une résolution G20, confirme un fonctionnaire de la Commission européenne. Selon un rapport publié mercredi à Bruxelles, le secteur a brassé 51 000 milliards d’euros en 2011. C’est entre 25 et 30% de l’ensemble du secteur financier mondial ou 50% des placements bancaires. «Le but des réformes proposées est de permettre à cette branche, notamment les fonds du marché monétaire (Money Market Funds) de mieux résister aux éventuelles crises, a déclaré mercredi Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur. Nous avons réglementé les banques; il est l’heure de se préoccuper des risques que représente ce secteur qui est un levier non-négligeable de l’économie réelle.»

La Commission rappelle que les premières initiatives pour réformer le «Shadow Banking» reviennent au Conseil de stabilité financière crée par le G20 en 2009 et qu’elle s’est elle-même intéressée à ce secteur dès 2007. Les fonds du marché monétaire, rappelle le rapport, est une importante source de financement à court terme pour des entreprises, des institutions financières et des Etats. Ils représentent jusqu’à 22% des obligations gouvernementales et d’entreprises en Europe et 38% de la dette des banques.

La Commission européenne propose que les fonds du marché monétaire aient des fonds propres à hauteur de 10% de leurs placements réalisable en un jour et 20% en une semaine. L’objectif est qu’ils puissent effectuer des remboursements à courte échéance à la demande des investisseurs. Bruxelles souhaite également insuffler de la transparence dans le secteur de sorte qu’elle puisse disposer des données fiables pour évaluer les risques. Enfin, elle souhaite renforcer la supervision dans le but d’anticiper des crises de liquidités.