La Bourse de Milan perdait plus de 4% vendredi en milieu de journée, au lendemain de l'annonce par la coalition populiste au pouvoir en Italie d'un accord sur un déficit à 2,4% pour les trois prochaines années, largement plus que ce que prévoyait le précédent exécutif. Vers 13h25, le FTSE Mib perdait ainsi 4,12% à 20.624 points.

Pour freiner la dégringolade des valeurs bancaires, les échanges sur certaines banques avaient été suspendus en fin de matinée à la suite de la présentation du budget italien, avant de reprendre un peu plus tard.

Des titres chahutés

Vers 13h25, Banco BPM perdait 10,37% à 2,101 euros, BPER Banca 9,47% à 3,939 euros, UBI Banca 9,15% à 3,407 euros, UniCredit 8,55% à 12,712 euros et Intesa Sanpaolo 7,92% à 2,2135 euros.


Un déficit de 2,6% qui sidère l'UE

Au terme d'un long bras de fer avec le ministre modéré des Finances, Giovanni Tria, qui plaidait pour un déficit à 1,6% pour éviter toute tension, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite) ont obtenu gain de cause, parvenant à imposer un déficit de 2,4% en 2019, 2020 et 2021.

A ce sujet: L'Italie augmente son déficit et fâche l'UE

Ce projet de budget fait sans surprise grincer des dents à Bruxelles, alors que l'Italie ploie sous une dette de 2.300 milliards d'euros. Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a d'ores et déjà estimé qu'il paraissait «hors des clous» des règles européennes.

Qualifiant «d'explosive» la dette publique italienne, il a estimé que les règles de la zone euro «d[evai]ent être respectées». «Les sanctions sont théoriquement possibles, car elles sont prévues par les traités. (Mais) je ne suis pas dans l'esprit des sanctions», a-t-il néanmoins indiqué.