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Des produits structurés innovants pour des placements plus défensifs

Les marchés boursiers traversent une période de turbulences. Plusieurs banques proposent de nouveaux produits qui répondent à des besoins de sécurité accrus.

Les besoins des investisseurs changent en cette période troublée. La quête de sécurité conditionnelle prend le pas sur la prise de risque. Mais celui-ci doit rester convenable. Car sans risque, il n'y a ni rendement ni progrès. Les émetteurs de produits répondent à ce défi par d'incessantes innovations. La banque Clariden Leu crée le «lookback barrier reverse convertible». C'est une variante du produit le plus populaire du marché des structurés, le «reverse convertible», qui combine un coupon élevé et une protection conditionnelle.

Innovation défensive

Le produit de Clariden Leu diffère du «reverse convertible» traditionnel sur des points majeurs: les fixations du prix d'exercice et des barrières de protection ne sont pas définies à partir du cours de clôture de la période de souscription, mais après une période dite de «lookback». Ainsi la période de barrière se réduit d'autant. Un autre aspect crucial: le prix d'exercice est déterminé à partir du cours le plus bas de la période de lookback (voir le graphe). L'investisseur obtient ainsi le meilleur prix de la période et profite d'une éventuelle baisse du cours qui interviendrait durant la période de lookback. Le professionnel dira que l'investisseur procède à une optimisation (timing du marché).

L'innovation que représente l'apport du lookback a naturellement son prix. Le coupon associé au produit est plus bas que pour un «reverse convertible» traditionnel, selon Thomas Schmidlin, responsable des produits structurés auprès de Clariden Leu.

Cette innovation accompagne le besoin de solutions plus défensives dans un environnement très volatil. Lorsque des blue chips perdent plus de 10% en 3 mois, on comprend que l'investisseur craigne que les barrières de protection ne soient touchées.

Cela s'est d'ailleurs passé sur différents produits semblables, tels qu'un «multi barrier» sur UBS, Credit Suisse et Nestlé. Il en va de même d'un «reverse convertible» sur les groupes de l'industrie du luxe Hermes, LVMH et Bulgari, ou encore sur Ascom, Oerlikon, Sulzer.

Pour Thomas Schmidlin, bien peu de barrières ont été touchées pour l'instant. Même observation pour les produits émis par Vontobel, le leader du marché. Sur 406 «Defender Vonti», seuls 9 ont touché la barrière.

Le nouveau produit de Clariden Leu avec «lookback» se nomme le «8% Swiss Big Five» et porte sur 5 sous-jacents (Nestlé, Novartis, Roche, UBS, Credit Suisse). La multiplication des sous-jacents permet d'offrir un coupon très attractif. Plus leur nombre est petit, plus le risque de toucher une barrière est mince.

Sur le «8% Swiss Big Five», la barrière de protection se situe à 72% du prix d'exercice. Après la baisse des derniers mois, l'investisseur recherche une protection relativement confortable. Le niveau standard est aujourd'hui de 69% à 79%, selon Thomas Schmidlin.

D'autres innovations se préparent. Ainsi ABN Amro devrait offrir ce lundi un certificat avec 100% de protection du capital, un coupon d'au moins 3% et d'au plus 30%, en fonction de l'évolution de l'indice des actions européennes DJ Euro Stoxx 50. Il s'agit d'un «3 Plus Note», qui sera coté en bourse suisse. Un tel produit répond également à la recherche de solutions défensives.

Chez ABN Amro, Irène Brunner indique que l'institut a émis un produit similaire sur l'indice SMI, avec un coupon minimum de 2%, une protection à 100% et un rendement maximum de 18%. L'investisseur apprécie le rendement minimum similaire à la rémunération de l'épargne et la possibilité de participer à l'évolution favorable du sous-jacent.

Fort effet de levier

Irène Brunner observe également un vif intérêt pour les produits à fort effet de levier, comme les «mini Futures». Il s'agit d'instruments qui combinent la simplicité du certificat avec le levier du warrant. Autre caractéristique clé du «mini Future», ses variations sont indépendantes de la volatilité. L'investisseur achète des «mini Long» sur le SMI s'il anticipe une hausse du sous-jacent, des «mini Short» s'il prévoit une baisse. Avec la correction des bourses, plusieurs mini Futures ont touché une barrière désactivante, à partir de laquelle l'investisseur ne reçoit plus que «la valeur résiduelle». Un tel niveau a été touché aussi bien sur l'indice SMI que sur des actions comme OC Oerlikon ou sur des produits liés aux obligations.