Opinion

Financement immobilier, un frein mesuré

OPINION. Compte tenu de l’environnement persistant de taux d’intérêt négatifs, il est peu probable que les nouvelles mesures d’autorégulation annoncées permettent d’apaiser sensiblement le marché, affirme Thomas Rieder, économiste chez Credit Suisse

Dès l’année prochaine, la part minimale de fonds propres concernant les immeubles de rapport s’élèvera à 25% au lieu de 10% et la dette hypothécaire devra être ramenée aux deux tiers de la valeur de nantissement dans un délai de 10 ans au maximum, contre 15 ans actuellement. Ces mesures d’autorégulation de l’Association suisse des banquiers (ASB) s’appliqueront aux nouvelles affaires et aux augmentations de prêts hypothécaires dès 2020. Elles ne concerneront pas les maisons individuelles et les appartements en propriété mis en location, c’est-à-dire les biens achetés pour être loués.

Ces mesures auront des répercussions variables selon les types d’investisseurs. Les investisseurs institutionnels, notamment les caisses de pension, recourent peu, voire pas du tout aux financements par des fonds étrangers pour investir dans des immeubles de rapport, ils ne seront donc pas directement affectés par les dispositions proposées. Au contraire, ils seront même avantagés par rapport à leurs concurrents, notamment de nombreux particuliers et entreprises qui investissent eux aussi dans des immeubles de rapport. En outre, les nouvelles mesures auront des conséquences plus ou moins lourdes en fonction du taux d’endettement.