Régulation

La Finma appelle à un changement de mentalité

Selon Mark Branson, son nouveau directeur, il faut récompenser une meilleure gestion des risques des banques plutôt que les seuls profits. L’amende de Credit Suisse étant connue, rien n’empêchait de publier le rapport fin mai, a-t-il justifié

La Finma appelle à un changement de mentalité

Régulation Mark Branson juge que les banques devraient récompenser la bonne gestion des risques avant le profit

Pour lui, la direction de Credit Suisse peut rester en place

L’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers a plaidé mardi en faveur d’une meilleure gestion des risques de la part des banques. Cette conférence de presse annuelle – retardée en raison de la démission en janvier de l’ex-directeur Martin Raaflaub – était la première sous l’égide de Mark Branson, arrivé début février. S’exprimant en allemand, le Britannique a estimé que la «clé pour éviter la surréglementation et des mesures répressives se trouve chez les établissements financiers eux-mêmes». «Les mentalités doivent changer», a martelé l’ex-haut cadre d’UBS.

Selon lui, un point commun existe entre les nombreuses affaires qui ont ébranlé le secteur ­financier ces derniers mois. Des spéculations hasardeuses d’un trader londonien à l’ingérence dans les cours des titres en passant par l’assistance à des délits fiscaux à l’étranger ou encore les mani­pulations présumées de devises ou d’indices: toutes cumulent une insuffisance de la gestion des risques opérationnels et un manque de respect des règles de compliance.

Les banques doivent affirmer clairement «que des profits réalisés d’une manière qui n’est ni ­correcte, ni éthique ne sont pas souhaitables et que des résultats obtenus de la sorte ne seront pas récompensés», a-t-il souligné. L’occasion pour lui de soutenir la mise en place de «bonnes incitations», y compris pour la direction. Il ne faut pas récompenser la seule «performance chiffrée» mais aussi un «comportement correct, une gestion prudente des risques et des contrôles internes menés avec soin». Par contre, il ne croit pas que les risques liés à la culture du management puissent être désamorcés par la réglementation étatique.

Il s’est dit conscient que «la simple prévention ne suffisait pas». Et Mark Branson de rappeler que la Finma est aussi intervenue via des mesures correctives, voire des sanctions, et «qu’elle continuera à le faire». Concrètement, l’autorité a ouvert dix procédures d’«enforcement» au sujet de la gestion transfrontière avec les Etats-Unis.

Au sujet de Credit Suisse, Mark Branson a défendu l’attitude des dirigeants du numéro 2 bancaire helvétique après la condamnation et l’amende record attribuée en mai à l’établissement par les Etats-Unis. Selon lui, le compor­tement inadéquat d’une banque comme l’aide à la fraude fiscale ne suffit pas à demander la démission du président ou du directeur.

Pourquoi avoir publié les conclusions de l’enquête réalisée en 2012 qui reprochait à Credit Suisse de ne pas avoir satisfait à l’exigence de l’exercice d’une ­activité irréprochable? Deux raisons ont justifié cette publication. D’une part, ce cas revêtait un important intérêt pour le public. D’autre part, la pénalité étant déjà connue, le fait de rendre public un tel document ne pouvait pas nuire à l’établissement.

De son côté, Anne Héritier Lachat, la présidente du conseil d’administration, a insisté sur le fait que «les actionnaires ont aussi la possibilité de sanctionner le management». Pour ce qui est des moyens dont dispose la Finma, elle juge que l’autorité «dispose actuellement des ressources requises pour accomplir sa mission». Malgré la forte hausse des effectifs en cinq ans – qui ont atteint 468 personnes à fin 2013, contre 328 en 2009 –, la Finma peut porter ce nombre jusqu’à 481 emplois. Selon elle, la Finma mise sur une approche avant tout qualitative et non quantitative en favorisant une plus grande professionnalisation de son personnel. Quoi qu’il en soit, la «quantité des surveillants n’a encore jamais permis d’éviter les crises financières», a estimé la présidente.

L’autorité a ouvert dix procédures dites d’«enforcement» sur la gestion transfrontière avec les Etats-Unis

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