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La Finma conclut «l’enquête la plus complexe de son histoire»

UBS est condamnée à payer 774 millions de francs. La banque est accusée d’avoir manipulé les taux de changes au détriment de ses clients

La Finma boucle une enquête «historique»

Amendes UBS est condamnée à payer 774 millions de francs, dont 134 en Suisse

La grande banque est accusée d’avoir manipulé les taux de changes au détriment de ses clients

La Finma – ainsi que les régulateurs américains et britanniques – a annoncé mercredi avoir conclu un accord avec UBS dans le cadre de l’affaire des manipulations des taux de changes. L’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers met ainsi un terme à «l’enquête la plus complexe de son histoire», selon son directeur, Mark Branson. Une procédure «exhaustive», menée en étroite collaboration avec plusieurs régulateurs étrangers.

UBS devra s’acquitter d’une ardoise de 774 millions de francs. Dont 134 millions pour la Finma – un record –, qui seront transmis à la Confédération. Dans le scandale de manipulation des taux d’intérêt interbancaire (Libor), la première banque suisse avait été condamnée fin 2012 à payer 1,4 milliard à divers régulateurs (dont 1,1 milliard aux autorités américaines et 59 millions à la Finma). Hier, quatre autres banques britanniques et américaines ont aussi été sanctionnées.

Ce qui «dérange» dans cette nouvelle affaire, c’est surtout qu’elle met en évidence les insuffisances de l’organisation interne d’UBS en matière de gestion des risques et de contrôle, a précisé mercredi Mark Branson lors d’une conférence de presse téléphonique. Et ce précisément après le scandale du Libor, a poursuivi celui qui a été lui-même responsable de la gestion des risques – mais au sein de la seule entité suisse d’UBS – entre 2008 et 2010.

La Finma a d’ailleurs annoncé qu’elle allait enquêter «sur le degré de connaissance et le comportement des personnes impliquées, et ce jusqu’au plus haut niveau de la section chargée du négoce en devises au sein de la banque d’investissement». Onze collaborateurs – encore en activité ou non – sont concernés, a-t-elle précisé. Le Ministère public de la Confédération a quant à lui ouvert des procédures pénales contre plusieurs personnes, a-t-il annoncé mercredi, confirmant une information de la Neue Zürcher Zeitung. Des investigations qui portent sur des soupçons de gestion déloyale et de violation du secret de fonction.

Contrairement à l’affaire du Libor qu’elle avait révélé au grand jour, UBS n’a donc bénéficié cette fois-ci d’aucune immunité de la part des régulateurs, Mark Branson estimant même que la Finma s’est «montrée plus sévère que jamais». Outre la confiscation des bénéfices indûment réalisés entre janvier 2009 et septembre 2013, soit 134 millions de francs, l’autorité financière a édicté des mesures concernant la rémunération variable des traders en devises et en métaux précieux de la banque. Celle-ci sera limitée à un maximum de 200% du salaire annuel de base durant deux ans. Accusée de «graves lacunes organisationnelles», UBS a également dû procéder à l’automatisation d’au moins 95% du négoce global de devises ainsi qu’à une séparation du négoce pour compte propre de celui pour le compte des clients.

Ces règlements constituent «un pas important dans notre processus de transformation» et vers «la conclusion de cette affaire, qui concerne l’industrie tout entière», a réagi mercredi le patron de la banque, Sergio Ermotti, dans un communiqué. Et de préciser qu’UBS avait effectué toutes les provisions nécessaires pour ces charges au troisième trimestre 2014 déjà.

De son côté, la Finma a expliqué avoir passé au crible, depuis l’ouverture de son enquête en octobre 2013, «des milliers de communications» effectuées entre des traders d’UBS et d’autres banques. Des «chats» où il est notamment question de frontrunning, soit une pratique illégale qui vise à tirer profit d’informations sur les clients afin de générer des bénéfices pour le compte de la banque ou de tiers.

Si Sergio Ermotti assure, dans un courriel envoyé hier à ses collaborateurs, que ces méthodes étaient le fait de quelques-uns «qui n’ont pas leur place chez UBS», et qui ont été punis depuis, le géant bancaire devra encore faire face à des enquêtes concernant ces manipulations. En Suisse, avec la Commission de la concurrence, comme à l’étranger. «Nous continuons à coopérer», a d’ailleurs indiqué Sergio Ermotti dans son communiqué.

Quant aux trois autres banques suisses initialement visées par l’enquête de la Finma, et dont le nom a été gardé secret, elles s’en tirent sans pénalités. Les enquêtes sont désormais closes.

Des traders ont profité d’informations sur des clients afin de générer un profit pour la banque

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