surveillance financière

La Finma promet «le dialogue avec la branche»

Le nouveau directeur doit affronter des opinions divergentes en Suisse et à l’étranger

La Finma promet «le dialogue avec la branche»

«Le choix final du nouveau directeur n’est ni le fruit du hasard, ni celui de la facilité.» Mercredi face à la presse, Anne Héritier Lachat, présidente du conseil d’administration de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma), a voulu défendre d’emblée Mark Branson, le jour de la confirmation de sa nomination par le Conseil fédéral.

Les critiques ont en effet fusé sur l’absence de candidats à ce poste exposé et les conflits d’intérêts supposés de cet ancien responsable d’UBS, en poste au Japon au moment du scandale des taux Libor, et qui s’est excusé devant une commission du Sénat américain pour les erreurs commises par la banque suisse. Anne Héritier Lachat indique que Mark Branson, citoyen britannique qui s’apprête à demander son passeport suisse, a subi des entretiens internes serrés à ce sujet, assortis d’un contrôle de sécurité supplémentaire demandé par la Confédération. Ces enquêtes n’ont révélé aucune faille, affirme-t-elle.

«C’est la bonne personne à la bonne place», estime le conseiller national Christian Lüscher, qui avait critiqué les méthodes tatillonne de son prédécesseur, Patrick Raaflaub. Auteur d’une initiative parlementaire qui demande la prise en charge par la Finma d’une nouvelle mission de promotion de la place financière suisse, Christian Lüscher estime que Mark Branson «saura le faire». Mais le voudra-t-il? Hier, il s’en est tenu au discours officiel selon lequel le rôle pro­motionnel de la Finma doit être indirect. Autrement dit, la place financière sera renforcée si la surveillance des établissements est jugée crédible et efficace au niveau international. «C’est à la branche elle-même à gérer sa promotion directe», note Anne Héritier Lachat.

Dilemme à résoudre

Mark Branson a laissé transparaître, lundi devant les experts du FMI et hier face à la presse, le dilemme à résoudre, à savoir convaincre, en Suisse, qu’il n’a pas l’intention de surréglementer, et, à l’étranger, que la Finma peut être efficace sans augmenter ses effectifs plafonnés à 481 postes à plein temps. «La Finma n’est pas une autorité de régulation, mais une autorité de contrôle. Je privilégie le dialogue avec la branche, ce qui m’a amené à conduire une cinquantaine d’entretiens l’an dernier», explique-t-il. Ce message ­interne s’accompagne aussi d’un discours rassurant destiné à l’étranger, où beaucoup se rient d’une autorité de surveillance aussi faible en moyens et en personnel en comparaison internationale. «La quantité n’est pas le plus important. Je vais continuer à mettre en place l’amélioration de la qualité et de l’efficacité des collaborateurs», promet le nouveau directeur. Le taux de rotation du personnel, jusqu’à 14% ces dernières années et plus de 20% dans le secteur des assurances, «est un problème», admet Luc Recordon, conseiller aux Etats et administrateur de la BCV, qui souhaite davantage de transparence sur les sanctions infligées par la Finma.

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