UBS risque de ne pas être autorisée à payer les bonus qu’elle a prévu de verser à ses cadres et à certains de ses 69 000 employés. Elle entend verser à ces derniers 3,9 milliards de francs environ pour l’exercice 2009.

Or, la Finma (l’autorité suisse de surveillance des marchés financiers) ne devrait lui permettre de ne verser que les 3 milliards promis au titre des rémunérations variables, selon la SonntagsZeitung . Le régulateur est autorisé à limiter les montants versés au personnel si l’équilibre financier de la banque risque d’en ressortir sérieusement affaibli. Les 3 à 4 milliards de francs de pertes prévus pour l’exercice 2009 ne plaident pas en faveur d’une générosité trop importante de la part du géant bancaire.

C’est en janvier que les montants des bonus et des parts variables des salaires sont déterminés par la banque, puis communiqués aux employés. Les montants promis ne sont toutefois versés qu’en mars.

En janvier 2009, la Finma avait plafonné les versements à environ 2 milliards de francs.

UBS verse une rente

La Finma a par ailleurs jugé «normal» le versement d’une rente de retraite anticipée à son président Eugen Haltiner par la caisse de pension d’UBS, son précédent employeur. Révélée par la SonntagsZeitung, cette relation financière est défendue par l’autorité de contrôle des marchés financiers en raison du «caractère juridiquement indépendant» de la fondation de prévoyance de la grande banque.

«Le montant de la rente relève de la sphère privée», précise la Finma. Eugen Haltiner a quitté son ancien employeur à l’âge de 57 ans pour assumer la présidence de la Commission fédérale des banques, puis de la Finma, dès janvier 2008.

Coup de téléphone

C’est par un coup de téléphone passé jeudi dernier par le secrétaire au Trésor américain Tim Geithner que le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz a appris le projet de nouvel impôt devant frapper Credit Suisse et UBS, selon la NZZ am Sonntag . Les deux grandes banques risquent de devoir payer près d’un milliard de dollars d’impôts supplémentaires aux Etats-Unis au titre de la «taxe Obama», dont le projet prévoit le prélèvement sur les grandes banques au titre du remboursement de l’effort financier consenti en octobre 2008 par Washington pour le sauvetage du secteur financier (LT du 16.01.2010). selon des estimations faites par le Financial Times, Credit Suisse devrait s’acquitter de 573 millions de dollars et UBS de 351. En tout, ce sont donc 924 millions de dollars (960 millions de francs) que les deux grandes banques devraient payer.

Lors du même coup de téléphone, Tim Geithner a encouragé Hans-Rudolf Merz à faire en sorte que la Suisse applique un impôt similaire chez elle. Le conseiller fédéral a «pris note», selon le Département des finances. Dans son communiqué, ce dernier précise que «la Suisse n’a pas besoin de cet impôt pour des raisons budgétaires». L’Etat n’a pas perdu d’argent dans les opérations de sauvetage ni dû accroître fortement son endettement.