Présentation lundi à la foire CeBit à Hanovre d’une nouvelle initiative fintech suisse sous l’égide de plusieurs grands groupes, rapport complet de la Haute Ecole de Lucerne, «la scène fintech suisse est plus grande et vigoureuse qu’on ne le dit généralement», déclare Thomas Ankenbrand, chef du projet «IFZ FinTech Study 2016» auprès de la Haute Ecole de Lucerne dans un rapport publié mercredi. Ce dernier détaille d’abord l’ensemble de la scène fintech suisse et, dans une deuxième partie, présente 62 entreprises en particulier. La fintech se définit comme l’ensemble des initiatives en faveur de solutions technologiques innovantes pour la finance.

Si les données de l’institut IFZ regroupaient 24 sociétés suisses spécialisées en 2010, elles sont 162 à la fin 2015. Toutes disposent d’un siège social en Suisse. L’étude ne se limite pas aux start-up, mais inclut des banques et des entreprises informatiques.

Le rapport confirme que le cœur de la place fintech suisse se situe à Zurich (72 entreprises) et à Zoug (21). La Suisse romande est tout de même très présente avec 32 entreprises, soit 20% du total. Genève se place au troisième rang suisse, avec 13 entreprises, ex aequo avec le canton de Vaud. Le Valais compte 4 fintechs, Neuchâtel une, Fribourg une.

«Ce ne sont pas seulement des entreprises qui animent la scène technologique. Il est important d’inclure les incubateurs et accélérateurs ainsi que les associations et réseaux spécialisés», affirme Thomas Ankenbrand.

Les principaux domaines d’activités sont équitablement présents en Suisse, à savoir les infrastructures bancaires (23%), la gestion des investissements (18%), les systèmes de paiement (18%), les prêts et dépôts (16%), la technologie blockchain, laquelle permet de stocker les transactions sur une base décentralisée (13%) et l’analyse de données (12%).

Le marché suisse de la fintech est pourtant plus étroit que celui de Londres. «Le nombre d’utilisateurs et de clients est limité, aussi bien pour les consommateurs (B2C) que pour les partenaires commerciaux (B2B). «C’est pourquoi il est crucial que les entreprises fintech suisses se positionnent sur le plan international et prennent le risque de se lancer sur les marchés étrangers», recommande le chef du projet.

Dispersion des forces

La dispersion des forces, des réseaux et des associations est l’un des principaux reproches entendus à l’égard de la scène fintech suisse. La Sillicon Valley et Londres sont des places plus unies lorsqu’il s’agit de se battre pour de meilleures conditions-cadres. Un tournant s’est-il produit ce lundi à Hanovre? Les deux grandes banques, avec Swiss Life, qui organise ce mercredi une manifestation avec Google sur le thème de la disruption numérique, Swisscom et Ernst & Young ont signalé leur volonté de rassemblement. Avec le soutien es deux organisations «Swiss Finance Startups» et «Swiss Finance and Technology Association», ces entreprises partenaires vont lancer cet été un «programme de soutien fintech d’envergure internationale», selon un communiqué de Credit Suisse. Ce dernier portera le nom de «Kickstart Accelerator». Il aura pour objectif de «développer des idées commerciales prometteuses du monde entier sur le site de Zurich», selon la grande banque. A la suite d’un concours, les équipes choisies bénéficieront d’un soutien financier de trois mois, de postes de travail à Zurich, d’un mentoring d’experts. L’initiative ne se limitera pas à la fintech, mais s’étendra aux thèmes de l’alimentation, des machines intelligentes et connectées ainsi que des technologies émergentes.

Tout le monde n’applaudit pas. Le site «finews» considère «Kickstart Accelerator» comme «une direction supplémentaire dans un paysage de projets très éparpillés». Le grand rassemblement viendra peut-être, selon le média zurichois, du «Swiss Fintech Innovation Lab», lequel serait prêt à démarrer. Son but consiste précisément à rassembler les forces de l’innovation et des start-up en finance.


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