Une minute pour convaincre. Tel était le défi d’Adrien Treccani. Le directeur de Metaco présentait vendredi matin à Zurich son modèle d’affaires, comme les dirigeants d’innombrables jeunes pousses de Chine (comme Bit Nexo), des Etats-Unis (Investment POD), du Royaume-Uni (KYC) ou de Suisse. Organisé par Impact Hub Zürich, la fintech suisse dévoilait durant deux jours sous le nom de «Disrupt Finance» les nouvelles pistes combinant les nouvelles technologies et la finance de demain.

Le directeur de la start-up romande Metaco utilise par exemple la nouvelle technologie de la blockchain pour transformer le règlement des transactions financières (settlement) et le rendre plus rapide, plus efficace et moins coûteux.

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Les différents projets se regroupent autour de quatre thèmes principaux, la blockchain, l’identité/sécurité numérique, les paiements électroniques et la gestion de fortune. La blockchain se définit comme «une technologie de stockage numérique et de transmission à coût minime, décentralisée et totalement sécurisée

Les nouvelles technologies sont ici comprises comme une chance. Elles créent de nouveaux métiers dans la gestion des données, l’intelligence artificielle, la création de communautés.

«La fintech d’aujourd’hui, ce sera le standard dans dix ans», lance Markus Graf, responsable de l’incubateur F10 au sein de SIX Group. Malheureusement, à son avis, «la Suisse n’est pas présente sur la carte mondiale de la Fintech et l’ensemble des acteurs de la place doivent coopérer pour y pénétrer». Adrien Treccani explique que Londres, notamment ses autorités politiques, multiplie les efforts afin d’attirer les jeunes entreprises de la branche sur les bords de la Tamise. Notamment avec de solides arguments fiscaux pour les start-up et leurs investisseurs.

Pour réussir, «l’innovation au sein même de l’entreprise ne suffit pas. Comme dans la musique, il faut collaborer pour créer un morceau», a déclaré Thomas Jalob, responsable auprès de Postfinance. En Suisse, les initiatives se multiplient, mais en ordre dispersé, selon les acteurs présents. La Swiss Finance Start-ups, créée il y a deux ans, tente précisément de sensibiliser les politiciens et les banques afin d’améliorer les conditions-cadres. La FINMA semble réagir avec sa proposition de «licence light». Pour les acteurs présents, l’attentisme n’est pas la solution. Les grandes banques n’y sont pas absentes. «Nous travaillons au renforcement de la communauté fintech à Zurich», a déclaré Bart-Jan Schenkels, responsable de la stratégie informatique chez Credit Suisse.