Fiscalité

Le fisc suisse avait forcé Credit Suisse à livrer des noms

Après la razzia opérée contre Credit Suisse sur une large échelle, on aurait tort de croire que la Suisse n’aurait rien à voir avec l’enquête, selon Le Matin Dimanche

«La tempête souffle de nouveau sur une grande banque suisse», constate Le Matin Dimanche. La perquisition effectuée vendredi contre Credit Suisse, laquelle s'est dite «contactée», comporte d’énormes zones d’ombre. Selon le journal dominical, «on aurait tort de croire que la Suisse n’aurait vraiment rien à voir dans cette affaire».

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Le journal évoque le fait que le 13 mars 2016, le fisc néerlandais «avait déposé une demande d’entraide administrative auprès de l’Administration fédérale des contributions (AFC)».

Son but était d’obtenir les noms «de tous les clients ayant une adresse aux Pays-Bas, ayant «disposé d’un compte bancaire auprès de Credit Suisse AG entre le 1er février 2013 et le 31 décembre 2014», de tous ceux qui «ont reçu une lettre du CS, leur signifiant la résiliation de leur relation d’affaires, pour n’avoir pas fourni à la banque la preuve de leur mise en conformité fiscale».

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Cette demande d’entraide avait été ignorée. «Personne ne s’est ému de la décision de l’AFC de donner raison au fisc néerlandais, le 26 octobre dernier. En clair, Berne a imposé à la deuxième banque suisse de transmettre les noms de ses clients bataves au gris», note le média. Il en résulte que les enquêtes internationales lancées par les Pays-Bas «l’ont été sur la base des données transmises par la banque de Tidjane Thiam», en déduit Le Matin Dimanche.

55 000 cas? «étrange», selon le CS

Samedi pourtant, dans son commentaire, la NZZ se félicitait qu’il «ne s’agissait pas d’une affaire suisse». Le quotidien spéculait sur les origines du problème, un réseau criminel international ? Un grand nombre de Néerlandais fraudeurs ? «Pour le CS, ce serait dans les deux cas une mauvaise nouvelle, même si l’hypothèse de criminels extérieurs affecterait moins la réputation de l’institut», concluait le quotidien.

La grande banque a souligné sa volonté de collaborer. Son responsable de la gestion de fortune internationale, Iqbal Khan, s’est «étonné du timing», selon Le Matin Dimanche. Le banquier est d'avis que «le nombre de 55 000 comptes suspects est étrange». Sa division «n’en dénombre plus autant». Il en déduit donc que la procédure ne touche pas des clients actuels.

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