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La Fitbit Ionic s’adresse surtout aux sportifs

Sur le marché généraliste, la dernière smartwatch du fabricant de bracelets connectés ne peut pas rivaliser avec ses concurrentes. En revanche, la longue vie de sa batterie et sa précision séduiront les amateurs de sports

C’est peu dire que la Fitbit Ionic était attendue. Il y a exactement une année, le géant américain s’offrait la marque de smartwatches Pebble au bord du dépôt de bilan. Connue jusqu’alors pour ses bracelets connectés noirs n’affichant qu’un écran minimal, voire aucune information – on parle de «wearables» – Fitbit entamait alors avec cette reprise une grande manœuvre pour investir sérieusement le marché des smartwatches.

Sur le dernier trimestre, Fitbit a écoulé 3,6 millions de bracelets et ses ventes devraient atteindre 1,6 milliard de dollars sur 2017. En délicate posture depuis la montée en puissance d’Apple qui grignote les parts de marché de cet ancien leader mondial, Fitbit doit aujourd’hui réagir.

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La Ionic n’est pas tout à fait son coup d’essai. En 2016, Fitbit s’était déjà aventurée sur le marché de la smartwatch avec la Blaze (toujours en vente aujourd’hui, 149 francs), mais ce modèle comportait de nombreuses lacunes: pas de résistance à l’eau, pas d’accès wi-fi, pas de téléchargement d’applications tierces possible, pas de puces NFC, etc. Grâce à la Ionic sortie cet automne, cette entreprise cotée à New York réalise donc sa première incursion sérieuse sur le marché de la montre «à écran». Cette arrivée comble toutes les faiblesses listées ci-dessus et propose en outre une mémoire de 2,5 gigas ce qui permet de stocker quelque 300 chansons.

Mise en route laborieuse

Après avoir porté environ deux semaines un modèle prêté par Digitec, le bilan s’avère néanmoins mitigé. Commençons par la mise en route, laborieuse. Une fois la montre chargée au maximum et mise à jour, il nous a été impossible de l’appairer à notre téléphone portable (iPhone 8, iOS 11). Le bouton «j’accepte» des conditions générales de Fitbit, impératif pour lancer la synchronisation, n’étant pas «cliquable» sur l’application. Contacté via Twitter, le service clients de Fitbit s’est montré très réactif (réponse dans l’heure) mais plutôt incompétent (le bug avec iOS 11 était connu, mais pas encore fixé; on nous suggérait de changer d’appareil…). Une astuce trouvée sur un forum d’utilisateurs nous a permis d’aller de l’avant.

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Comme toutes les smartwatches, la Ionic prétend pouvoir s’adapter aux besoins de son propriétaire. Via l’application du smartphone, dix-sept cadrans offrant différentes «complications» (secondes, date, nombre de pas, pouls, etc.) sont en effet disponibles, mais impossible de les personnaliser davantage, comme le permettent les autres montres connectées du marché. En outre, le magasin d’applications n’en propose que onze, incomparables avec les centaines de milliers dont disposent déjà ses concurrents.

Un coach payant

Lorsque Fitbit vante ses produits, elle ne parle ni de bracelets connectés ni de smartwatches, mais de «coaches» ou de «compagnons intelligents et motivants» pour garder la forme. Cela se ressent dans le système d’exploitation minimaliste de la montre, tout dédié à l’utilisation sportive. Les mesures réalisées nous ont paru extrêmement précises (notamment dans le pouls, le nombre de pas ou les allers-retours dans la piscine) et l’application sur le smartphone permet, en un coup d’œil, d’avoir accès à toutes les données de manière plutôt intuitive. Dommage, l’application «Coach» de la montre n’offre que trois séries de conseils d’exercices gratuitement. Les autres sont payants (8 francs par mois, 39 francs par année).

Les mesures effectuées durant la nuit, destinées à «améliorer la qualité du sommeil», sont, elles aussi, d’une précision parfois déconcertante: les phases de sommeil paradoxal, léger ou profond sont indiquées presque à la minute près (à condition, bien sûr, de porter sa montre pour dormir, ce qui n’est pas forcément agréable). Pour le reste, la montre fonctionne comme une smartwatch traditionnelle, notamment dans l’affichage de toutes les notifications de son smartphone.

Destinée aux sportifs

En conclusion, cette Ionic à 389 francs possède d’indéniables points forts comme les 4,5 jours de durée de vie de la batterie, sa bonne résistance aux chocs, son écran lumineux ou sa précision dans la récolte de données. Elle séduira les amateurs de sports qui cherchent à mesurer précisément leurs activités. Mais, face à l’Apple Watch III (dès 399 francs) ou à la Samsung Gear S3 (dès 319 francs) qu’elle ambitionne implicitement de concurrencer sur le marché de la smartwatch «généraliste», elle ne fait pas le poids, que ce soit dans la mise en route laborieuse de l’appareil, la latence dans la réactivité de l’écran tactile ou le magasin d’applications encore désert.


Spécificités

Modèle: Fitbit Ionic

Mémoire interne: 2,5 gigas

Antenne GPS

Puce NFC pour paiement sans contact

Taille de l’écran: 29 x 21 mm

Poids: 46 grammes

Etanchéité: 50 mètres

Prix: 389 francs

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