L’agence de notation financière Fitch a annoncé jeudi qu’elle abaissait la note de sept grandes banques mondiales: Credit Suisse et Barclays reculent de deux crans tandis que Bank of America, Deutsche Bank, BNP Paribas, Citigroup et Goldman Sachs perdent un cran.

Fitch a abaissé de deux crans la note à long terme de Credit Suisse et Barclays, qui passe de «AA-» à «A».

L’agence a réduit d’un cran la note de Bank of America, Deutsche Bank, Citigroup et de Goldman Sachs Group, qui se voient toutes désormais notées «A», ainsi que celle de BNP Paribas ramenée de «AA-» à «A+» avec perspective stable.

Fitch a réaffirmé la note long terme de Société générale à «A+» avec perspective stable. Sa note terme «A» est en outre maintenue sur UBS, JPMorgan Chase, Morgan Stanley.

Difficultés des marchés

«Les actions prises sont motivées par l’opinion de Fitch selon laquelle les modèles d’affaires des banques de courtage et universelles sont particulièrement sensibles aux difficultés accrues des marchés financiers», a expliqué l’agence, pour laquelle «ces difficultés résultent à la fois des développements économiques et d’une myriade de changements réglementaires».

«Aussi bien gérés soient-ils, les aspects structurels de leur financement, de leurs bénéfices et de leur endettement prédisposent [ces établissements] à être vulnérables aux sentiments et à la confiance du marché, surtout durant les périodes de tension financière exogène», note encore Fitch. L’agence assure avoir tenu compte des mesures prises pour renforcer les capitaux et liquidités des établissements.

«Avec le temps, les conditions du marché vont probablement s’améliorer, mais Fitch prévoit que la volatilité restera au-dessus de la moyenne passée et que la croissance économique dans les pays développés restera modérée pour une longue période», a expliqué Fitch.

Difficultés avec les règlements

Par ailleurs, les changements réglementaires, s’ils ont l’avantage de renforcer les niveaux de capitalisation et de limiter la prise de risque, ont aussi l’inconvénient de «limiter les potentiels de bénéfices et d’accroître les coûts», selon Fitch, qui prévoit que les plus grandes banques vont devoir en conséquence remodeler leur modèle de fonctionnement dans les deux ans à venir.

Pour autant, l’agence souligne que ces très grandes banques sont «bien mieux placées pour faire face aux difficiles conditions du marché aujourd’hui qu’en 2008».

Les abaissements s’enchaîne nt

La décision de Fitch fait suite aux abaissements par Standard & Poor’s de grandes banques américaines, y compris Bank of America, Goldman Sachs et Morgan Stanley, à la fin de novembre. Standard & Poor’s avait également baissé les notes de JPMorgan Chase, Citigroup et Wells Fargo, qui n’ont pas été mentionnées par Fitch jeudi.

La grande banque suisse UBS («A» contre «A+») et la britannique Barclays («A» contre «A+» auparavant) avaient également vu leur note dégradée, en application d’une nouvelle méthodologie donnant une plus grande importance à l’environnement macroéconomique.

En octobre, Fitch avait abaissé la note de la banque suisse UBS d’un cran, de «A+» à «A». Elle avait invoqué un «soutien décroissant de l’Etat», estimant qu’il n’y avait plus de raison pour que ce soutien soit perçu comme plus fort que pour son grand concurrent national, Credit Suisse, qui était alors noté «AA-».