Les deux fonds de placement de Fleming actifs sur le Japon qui sont autorisés en Suisse flambent! En date du 25 juin, le FFF – Japanese Fund se situait en huitième place dans le premier quartile des 121 instruments de cette classe d'actifs avec une performance sur un an de 67,47%. A fin mai, la performance de son alter ego investi dans les petites et moyennes capitalisations, le FFF – Japanese Smaller Companies Fund s'affichait en hausse de 37,2% depuis le début de l'année et de 74,3% sur un an. Outre le fait que la direction de ce fonds est une institution britannique qui a fait ses preuves sur les marchés asiatiques, et japonais en particulier, ces résultats sont aussi ceux d'un pari qu'illustre la réflexion de Richard Cardiff, directeur européen du développement de ces fonds récemment de passage à Genève: «Cela fait deux ans que nous pensons que le marché japonais est porteur!»

Pour Richard Cardiff, la différence est simple avec ce constat: «Le marché porteur est maintenant une réalité au Japon.» Mais il est une réalité quand on a accepté le fait de diviser ce marché en deux parties: l'ancien et le nouveau. L'ancien Japon, c'est celui des entreprises qui ne veulent pas changer les règles de leur gestion, qui refusent de rationaliser leurs activités et qui ne veulent pas briser les tabous ancestraux du management. Le nouveau Japon, c'est au contraire celui des sociétés qui révisent leurs règles en matière de personnel, qui se réorganisent pour mieux suivre les besoins des marchés, qui coupent dans leurs coûts, qui gèrent mieux leurs bilans et qui acceptent de jouer le jeu du partenariat avec l'étranger. Pour Richard Cardiff, la reprise du marché japonais, c'est simplement le fait que ses structures microéconomiques sont en train de passer à la moulinette d'un changement qui a déjà été celui de la Grande Bretagne et des Etats-Unis.

«Notre stratégie, c'est donc d'acheter le nouveau Japon», relève Richard Cardiff. Ceci se reflète dans la composition des portefeuilles des deux fonds de Fleming. «Dans le FFF – Japanese Fund, il y a un maximum de 15% de valeurs représentant le vieux Japon et dans le FFF – Smaller Companies, il y en a aucune», insiste-t-il. Pour Fleming, la stratégie du stock picking étant au cœur de la gestion, elle se concentre alors sur les qualités des dirigeants d'une valeur donnée, sur son potentiel de développement dans son marché et sur son aptitude à se restructurer. «Nous voulons acheter les entreprises qui seront à la tête des marchés dans dix ans», note Richard Cardiff.

Ce faisant, le spécialiste n'estime pas faire preuve de beaucoup d'originalité: «Nous nageons seulement dans le sens du courant économique qui agite le Japon aujourd'hui.» Mais c'est un courant qui fait investir Fleming dans les valeurs de services, dans les télécommunications, dans les services Internet, dans l'outsourcing informatique, dans les titres consacrés à l'expertise financière, dans ceux qui reflètent des fusions et acquisitions agressives ainsi que dans des titres de niche sur le marché de détail nippon. Par contre, les valeurs «pères de famille» sont exclues des portefeuilles. Pour Fleming, le Japon ne ronronne plus!

P. Ct