La précarité croissante de l'emploi, le temps partiel imposé et les nouvelles formes d'organisation du travail dictées par la logique économique pèsent sur la santé physique et psychique des salariés. Troubles du sommeil, manque d'énergie, mobilité physique réduite, isolement social accru, les symptômes touchent davantage les hommes, moins habitués aux horaires «hachés» que les femmes. Tel est le constat de médecins français qui ont présenté fin juin, lors d'un congrès de médecine du travail à Strasbourg, les premiers résultats d'une enquête conduite auprès de 1452 salariés. Parmi ces salariés, 59% étaient liés par un contrat à durée déterminée (CDD), auquel les entreprises, notamment les PME ont de plus en plus recours. Toutefois, l'enquête ne permet pas d'évaluer le coût de cette souffrance. Comme le relève Dominique Esway, journaliste à France-Info, l'industrie automobile serait la principale utilisatrice des CDD: le nombre de ces contrats y aurait doublé entre mars 1997 et mars 1998. Dans l'industrie de transformation ils auraient augmenté de 70% et contribuent ainsi à une baisse des chiffres du chômage. En revanche, «le Ministère du travail, qui est aussi celui des affaires sociales – donc de la sécurité sociale – se réjouit de cette embellie sur le marché de l'emploi, dans la mesure où elle apporte de nouvelles recettes à la Sécu», commente Dominique Esway. Rien n'empêche de penser qu'en Suisse également, l'augmentation du «sous-emploi» participe indirectement à la dégradation du tissu social et de la santé. Selon les dernières statistiques de l'OFS, au premier trimestre 1998, 70% de l'augmentation de l'emploi en Suisse résultait de la hausse du nombre des emplois à temps partiel.