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Selon différentes estimations, Flik Flak réaliserait aujourd’hui des ventes annuelles d’environs 30 millions de francs pour plus d’un million de pièces écoulées.
© Flik Flak

Horlogerie

Flik Flak grandit depuis trente ans

La petite marque horlogère de Swatch Group connaît chaque année une croissance de «quelques pour cent». Ses deux responsables, Florence Ollivier-Lamarque et Tamina Daellenbach, détaillent les axes stratégiques de la montre pour enfants

A proprement parler, Flik Flak n’a pas de quartier général. Il faut dire que la marque de Swatch Group dédiée aux enfants n’en a pas vraiment besoin: elle n’emploie que 4,5 équivalents plein temps. Dès lors, l’interview avec Florence Ollivier-Lamarque (membre de la direction générale, responsable exécutive de Flik Flak depuis ses débuts et responsable notamment des marchés français, belge, italien et espagnol) et Tamina Daellenbach (responsable opérationnelle de Flik Flak) se tient dans une petite salle de réunion du siège, à Bienne.

Lire aussi: Le second semestre de Swatch Group s’annonce «prometteur» (21.07.2017)

«Vous voyez, FlikFlak ne prend pas de place», plaisante d’emblée Florence Ollivier-Lamarque. Pourtant, cette déclinaison enfantine de la Swatch – qui souffle cette année ses trente bougies – s’en est taillé une belle dans le paysage horloger suisse. Depuis 2013, elle se repose en outre sur la force de frappe de Swatch en ce qui concerne la production, la distribution, la vente et l’administration. Les montres et la communication sont en revanche créées en collaboration avec des illustrateurs et des designers indépendants.

Légèreté et agilité

Cette légèreté et cette agilité permettent peut-être de comprendre pourquoi Flik Flak n’a pas ressenti la récente crise dont l’industrie semble progressivement sortir aujourd’hui. «Chaque année depuis 1987, nous avons une croissance régulière de quelques pour cent. Cela augmente parfois un peu plus vite lorsque l’on se lance sur un nouveau marché», note Florence Ollivier-Lamarque.

Selon différentes estimations, Flik Flak réaliserait aujourd’hui des ventes annuelles d’environ 30 millions de francs pour plus d’un million de pièces écoulées. La politique de Swatch Group imposant un silence radio sur les résultats des marques, impossible de les vérifier. Tout ce que peut dire Florence Ollivier-Lamarque, c’est que de très nombreuses marques suisses «aimeraient atteindre nos chiffres».

Pas de compromis sur la stratégie

Flik (en bleu) et Flak (en rouge) donnent les heures et les minutes sur les cinq continents, mais s’adressent pour l’heure essentiellement aux petits Européens. La France est son premier débouché, la Suisse est dans le top quatre. Les enfants américains ou asiatiques ne s’y intéressent encore que de loin. «Réussir sur ces marchés est l’un de nos prochains défis. L’e-commerce, que l’on vient d’actionner en Chine, nous aide beaucoup et les premiers résultats sont plutôt encourageants», affirme Tamina Daellenbach. Dans le reste du monde, la vente en ligne a également permis une «forte croissance. Il faut dire que nous vendons 75% de nos montres à des mères de famille de plus de 35 ans. Et ces dernières sont très à l’aise pour effectuer des achats sur Internet…»

Depuis ses débuts, Flik Flak n’a jamais fait de compromis sur sa stratégie. Ses montres «Swiss made» (produite dans les usines de Swatch, avec un mouvement ETA à quartz) se divisent en deux catégories: pour les enfants de 3 à 5 ans et de 6 à 9 ans. Elles indiquent l’heure, sans aucune complication supplémentaire à cause de la petite taille du mouvement. Les prix courent de 35 à 75 francs et, tient surtout à préciser Florence Ollivier-Lamarque, «elles peuvent passer à la machine à laver»…

Les modèles «Reine des Neiges»; un carton

Si la stratégie n’a pas bougé d’un iota en trente ans, il n’en va pas de même des cadrans et des couleurs. «Les petites filles aiment toujours le rose et les garçons, le bleu. Mais nous nous permettons aujourd’hui davantage de fantaisie, assure Florence Ollivier-Lamarque. La version grise avec des têtes de mort fait un tabac aujourd’hui; nous ne nous serions jamais permis de la lancer il y a trente ans…»

Les alliances avec des licences globales (Disney, Spiderman…) sont également assez récentes. Les Flik Flak «Reine des Neiges», en particulier, «font un carton» de l’aveu de la Tamina Daellenbach: «Ces partenariats ne sont pas une priorité, mais cela nous permet de coller à l’actualité et de faire vivre la marque. Cela aide aussi certains parents à faire le choix en fonction des goûts de leurs enfants».

Pas de concurrents «sérieux»

Dans cette niche de la montre pour enfants, Flik Flak regrette d’être le seul acteur «sérieux». «Les montres pour enfants sont presque toujours de très mauvaise qualité, regrette Florence Ollivier-Lamarque. Soit les marques veulent tenter de faire un peu de volume sur ce marché et font des déclinaisons médiocres de leurs produits, soit il s’agit de montres cadeaux en plastique qui ne résistent pas plus d’une journée…» Pour la responsable exécutive, cela dessert l’image des montres pour enfants et celle de Flik Flak.

Quelles seront les étapes marquantes des trente prochaines années? Une Flik Flak connectée? «On observe le marché, note Tamina Daellenbach. Nous en aurions évidemment les moyens techniques, mais nous pourrions ainsi perdre un peu de notre ADN et le côté ludique et pédagogique de nos produits. L’enfant a envie d’être attaché émotionnellement à cette montre mais a-t-il envie d’être attaché technologiquement à ses parents via sa montre? Nous ne sommes pas convaincus. D’ailleurs, l’Allemagne vient d’interdire les montres connectées pour enfants.»

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