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Flixbus boucle le rachat d’Eurolines et consolide sa position en Europe

Le groupe allemand de bus longue distance a annoncé être désormais propriétaire de l’opérateur français. Aucun détail financier sur la transaction n’a été communiqué

La compagnie allemande FlixBus a annoncé jeudi avoir bouclé le rachat d’Eurolines et d’isilines à l’opérateur de transports français Transdev, marquant une nouvelle étape dans la recomposition du marché des cars longue distance, libéralisé depuis la «loi Macron».

«Entamées le 4 mars dernier, les négociations exclusives ont permis de réaliser cette opération en moins de deux mois. Depuis le 30 avril 2019, Eurolines-isilines appartiennent officiellement à FlixBus», a annoncé l’opérateur allemand dans un communiqué.

Un réseau européen «renforcé»

Aucun détail financier n’a été communiqué. Surtout présente en France sous la marque isilines, la société Eurolines est également active aux Pays-Bas, en Belgique, en République Tchèque et en Espagne. Elle anime un réseau d’autocars couvrant 25 pays, et a transporté l’an dernier 2,5 millions de voyageurs. La marque Eurolines est utilisée par des partenaires dans d’autres pays. En Suisse, elle est opérée par Alsa + Eggmann et en Allemagne par Deutsche Touring.

Le groupe FlixBus, créé en Allemagne en 2013, qui détenait déjà, avant ce rachat, plus de 50% de parts de marché en France et plus de 70% en Allemagne, a transporté 45 millions de personnes dans 29 pays. «L’acquisition d’Eurolines renforce notre réseau européen et favorise notre croissance sur des marchés clés», s’est réjoui Yvan Lefranc-Morin, directeur général de FlixBus France, cité dans le communiqué.

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Consolidation sur le marché français

Selon le PDG du groupe Transdev, Thierry Mallet, la transaction permettra à l’opérateur français de recentrer ses activités «sur le transport public, et pour le compte des entreprises». Transdev, filiale à 66% de la Caisse des Dépôts et à 34% de l’allemand Rethmann, a perdu du terrain ces dernières années face à ses concurrents dans un secteur, encore en quête de rentabilité.

Avec ce rachat, il ne reste plus que deux compagnies actives en France: FlixBus et Ouibus (ex-iDbus), filiale de la SNCF, que doit racheter la plateforme de covoiturage française BlaBlaCar. Cette cession, annoncée en décembre par la SNCF, doit aboutir en principe à la fin du printemps. Ouibus sera rebaptisé BlaBlaBus, qui devrait lancer des autocars sur le marché allemand.

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Libéralisé mi-2015 par une loi portée Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, le marché français des cars longue distance comprenait à l’origine cinq acteurs, dont deux rachetés dès 2016, respectivement, par Ouibus et Flixbus. Selon l’Autorité de régulation du secteur (Arafer), le trafic de ces cars a progressé de 26% en 2018, avec 8,9 millions de voyageurs transportés.

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