Aéronautique

La flotte Bombardier, nouvelle épine dorsale de Swiss

Pour être plus concurrentielle, la compagnie nationale vient de ranger au placard son dernier «Jumbolino». Elle mise dorénavant sur ses nouveaux Bombardiers C Series. Un choix qui dope déjà ses performances

L’Avro RJ100, alias «Jumbolino», a survolé la Suisse pour la dernière fois ce mardi matin. Signe que la compagnie Swiss a définitivement tourné le dos à ce vieux modèle d’avion, dont le dernier vol a eu lieu mardi entre Genève et Zurich. La filiale de Lufthansa, qui opérait jusqu’ici 21 de ces appareils «vintages», mise à présent sur des modèles de dernière génération: le Bombardier C Series.

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Swiss a démarré la modernisation de sa flotte il y a environ 18 mois. Non sans difficultés. Le fabricant canadien, qui a traversé une période de restructuration douloureuse, a repoussé à maintes reprises la livraison d’appareils à la filiale suisse de Lufthansa, son unique client. Bilan: Swiss a jusqu’ici reçu dix nouveaux Bombardier CS 100.

Elle attend vingt autres exemplaires CS 300 – dont huit à Genève – pour effectuer les vols court et moyen-courrier. La compagnie helvétique disposera ainsi d’une des flottes les plus jeunes d’Europe. Et toutes les clés en mains pour doper ses résultats financiers à venir.

Comment? Le Bombardier a été conçu pour des vols paneuropéens. Il a la réputation d’émettre moins de CO2. «Cette génération d’appareils consomme en moyenne 20% de carburant en moins que l’Avro. Il est aussi nettement plus silencieux», précise le directeur genevois de Swiss Lorenzo Stoll.

Pour Swiss, le problème des Avro venait principalement de leur coût de maintenance. Plus les avions sont âgés, plus la facture devient importante. «Dans un marché aussi compétitif que l’Europe, c’est principalement pour cette raison que l’on change d’appareils», explique le directeur genevois.

Effet d’échelle

Le coût d’exploitation se retrouve dans le tarif du billet d’avion. «En réduisant nos charges, nous pourrons baisser nos prix de vente et donc être plus compétitifs», assure Lorenzo Stoll, qui doit faire face à la concurrence d’EasyJet qui, au bout du Léman, accapare plus de 42% des parts de marché.

Avec les Bombardier, le nombre de sièges à bord se voit lui aussi augmenté. Plus exactement, entre 125 et 145 places, contre les 97 pour les «Jumbolino». «En augmentant l’offre, on réduit encore les coûts», souligne encore Lorenzo Stoll. Et ce dernier d’ajouter: «Nos prix ont massivement diminué ces dernières années. On ne pourra donc pas être plus bas, mais on s’alignera sur la concurrence.»

Swiss, qui veut absolument continuer à se distinguer des compagnies low cost, vante «une offre de services différente». Pourtant, le transporteur helvétique projette d’arrêter la distribution de plateaux-repas à bord. «C’est une alternative possible, car peu de passagers choisissent une compagnie pour un repas gratuit. Ce sera décidé cet automne», rétorque Lorenzo Stoll.

Retraite active outre-Atlantique

L’utilisation des Bombardier sur ses vols européens a déjà eu un impact positif sur les résultats semestriels de Swiss, dont les ventes ont bondi de 31%. «Cette année, nous avons acheté neuf Boeing 777 pour nos long-courriers avec les mêmes effets. L’aviation est un business de volume. Dès que vous économisez un centime quelque part et que vous le multipliez par 16 millions de passagers, vous générez du profit», conclut Lorenzo Stoll.

Au fait, combien coûtera le démantèlement de la flotte d’Avros? Pas grand-chose, ces appareils avaient été achetés en leasing. Ils seront restitués à leurs propriétaires et envoyés en Amérique latine, au Canada ou aux Caraïbes, où ils continueront de cumuler les heures de vol.

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