Lorsque Google s’est installé à Zurich en 2004, le groupe californien y comptait deux collaborateurs. A la fin de 2019, 4000. Ce nombre passera à 5000, lorsque la construction de deux immeubles sera achevée à la fin de cette année. Pour Denise Laufer, membre de la direction de SwissHoldings, l’organisation faîtière des multinationales installées en Suisse, le géant technologique américain est l’exemple type d’entreprise étrangère qui participe pleinement à la consolidation du tissu économique de la Suisse. «Elle investit, apporte du savoir-faire, développe l’innovation, crée des emplois, s’approvisionne auprès des PME de la place, collabore avec nos universités et écoles polytechniques fédérales et paie des impôts.»

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Selon l’étude «Switzerland Wake up – Reinforcing Switzerland’s Attractiveness to Multinationals» publiée en avril 2019, les multinationales ont créé 6100 emplois directs et 11 200 indirects en Suisse, entre 2009 et 2018. «Il est difficile de prévoir comment elles seront affectées par le Covid-19 dans la mesure où elles font partie de la chaîne de production internationale, poursuit Denise Laufer. Mais le fait qu’elles opèrent dans des niches leur offre une certaine protection en cas de crise.»

Pour Cristina Gaggini, directrice de la section romande de l’organisation patronale Economiesuisse, les multinationales permettent de diversifier le tissu économique suisse et renforcent sa vivacité. Elles jouent aussi un rôle déterminant pour renforcer l’attractivité de la place économique suisse.

Notre série sur la résilience de l'économie suisse:

Concurrence

Néanmoins, force est de constater que le nombre de multinationales qui frappent à nos portes est en baisse. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution. A commencer par l’incertitude qui a prévalu ces dernières années en matière de fiscalité des entreprises. Ensuite, d’autres places plus compétitives, Singapour par exemple, offrent des conditions plus alléchantes. Cristina Gaggini fait remarquer que la Suisse reste tout de même attractive pour plusieurs raisons: droit du travail flexible, bonne qualité de la main-d’œuvre, grande interaction avec les hautes écoles et stabilité politique confirmée, même si le système de démocratie directe décourage quelques investisseurs.

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Pour Arnaud Bürgin, secrétaire général du Groupement des entreprises internationales (90 membres principalement dans l’Arc lémanique), la Suisse accueille certes plusieurs sièges de multinationales dont des centaines d’entreprises de services (négoce, banque, recherche) ainsi que des sites de production. «Les entreprises qui fabriquent des médicaments ou de la technologie médicale par exemple participent tant à créer de la valeur ajoutée qu’à renforcer notre propre industrie pharmaceutique», souligne-t-il.