«C’est un pas en avant important pour l’Argentine dans le processus de stabilisation macroéconomique, qui permet au pays de continuer à créer les conditions pour pouvoir poursuivre la forte reprise économique qu’il connaît», a déclaré le ministre argentin de l’Economie Martin Guzman, à l’AFP à Paris.

Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, vendredi, un programme d’aide en faveur de l’Argentine de 44 milliards de dollars (40 milliards d’euros), héritage d’un prêt record contracté en 2018 par le précédent gouvernement auprès de l’institution monétaire, qui a immédiatement décaissé une tranche de 9,65 milliards de dollars (8,78 milliards d’euros).

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Le plan d’aide, d’une durée de 30 mois, accordé au titre de «mécanisme élargi de crédit» du FMI, doit permettre à l’Argentine de «renforcer la viabilité de la dette, de lutter contre l’inflation élevée, d’augmenter les réserves, de combler les lacunes sociales du pays», a annoncé l’institution dans un communiqué.

Pour Martin Guzman, qui a rencontré en France le Club de Paris et l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le refinancement des dettes de 2018 et 2019 permettra une «plus grande stabilité» et stimulera «la croissance des investissements», ainsi que «la reprise de l’emploi et de la production».

«Un consensus politique essentiel pour soutenir le programme de réformes»

«Alors qu’une reprise économique et de l’emploi est en cours, l’Argentine continue de faire face à des défis économiques et sociaux exceptionnels», a souligné la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva, citant «un revenu par habitant déprimé, des niveaux de pauvreté élevés, une inflation élevée persistante, un lourd fardeau de la dette et de faibles réserves extérieures».

Elle estime que, dans ce contexte, le programme économique qui a été élaboré par le gouvernement argentin et qui est soutenu par le Fonds, «fixe des objectifs pragmatiques et réalistes, ainsi que des politiques crédibles pour renforcer la stabilité macroéconomique».

Le Congrès argentin avait donné son aval la semaine dernière à ce montant de prêt. Il n’avait, en revanche, pas voté sur les politiques macroéconomiques elles-mêmes.

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«Un consensus politique et social fort est essentiel pour soutenir la mise en œuvre du programme de réformes», a ajouté Kristalina Georgieva qui rappelle que le programme approuvé par le FMI consiste à assainir le budget et soutenir la croissance ce qui permettra de renforcer la viabilité de la dette et de maîtriser «une inflation persistante et élevée».

Un contexte particulier

Mais elle relève aussi les risques «exceptionnellement élevés» pour le programme alors que les retombées de la guerre en Ukraine se matérialisent déjà.

«Dans ce contexte, un recalibrage précoce du programme, y compris l’identification et l’adoption de mesures appropriées, au besoin, sera essentiel pour atteindre les objectifs du programme», a-t-elle noté.