En pleine tourmente financière, Dominique Strauss-Kahn est sur la sellette pour une affaire de jupons. Le directeur du Fonds monétaire international fait l'objet d'une enquête interne après la révélation d'une liaison entretenue avec une de ses subordonnées. Dominique Strauss-Kahn (DSK) sera entendu, aujourd'hui ou demain, par les avocats en charge du dossier. Au fait des us et coutumes américains - qui érigent le mensonge en faute grave- DSK avait préalablement reconnu, dans un communiqué, que «l'incident s'est produit dans (sa) vie privée» en janvier 2008. Il nie, en revanche, toute dérive: «A aucun moment, je n'ai abusé de ma position de directeur du Fonds.»

Piroska Nagy, l'autre moitié de «l'incident», est l'ancienne responsable du département Afrique du FMI. Dominique Strauss-Kahn et sa subordonnée auraient échangé des courriels intimes avant de concrétiser leur relation lors d'une conférence en Europe. Les courriels ont été découverts par l'époux de Piroska Nagy, économiste argentin, autrefois employé au FMI. Cette femme d'origine hongroise a démissionné l'été dernier, dans le cadre d'un plan de départ de 600 personnes mis en œuvre par le nouveau directeur du Fonds. L'enquête diligentée porte sur son indemnité de départ, afin d'évaluer si elle a profité de sa relation au sommet.

Dans l'entourage de l'homme politique français, on se veut serein. «Il n'y a pas de plainte de la part de cette personne qui n'a pas nié son consentement; son avocat fait valoir qu'elle n'a subi aucune pression et bénéficié d'aucun avantage», souligne un proche de l'ancien ministre. On s'étonne de la «déflagration» provoquée «à quelques jours seulement de la conclusion de l'enquête». Ce ne serait donc qu'une «rencontre d'un soir». Des sources internes au FMI, citées par le Washington Post, évoquent une deuxième histoire, avec une stagiaire française. Le comité d'éthique a d'ores et déjà blanchi le directeur du FMI sur ce point, que l'équipe de DSK trouve «purement abjecte». Le sort du responsable français est suspendu aux conclusions des avocats. S'il s'avère qu'il y a eu favoritisme, il tombera. En 2007, le patron de la banque mondiale, Paul Wolfowitz, avait quitté ses fonctions après avoir été accusé d'avoir favorisé l'avancement de sa maîtresse.