Quel futur rôle pour le Fonds monétaire international (FMI)? La question sera au centre des discussions lors de la rencontre ce samedi aux Etats-Unis entre les présidents américain George Bush et français Nicolas Sarkozy, également président en exercice de l'Union européenne. Ce dernier affirme que «le FMI a dérivé comme une instance d'aide au développement alors que l'ambition originelle était d'en faire une institution de régulations». Selon lui, il est nécessaire, dans le sillage de la crise financière, de le charger d'un rôle de surveillance de la stabilité financière mondiale.

Le FMI, dont la raison d'être est remise en question depuis quelques années, revient sous les feux des projecteurs. Son directeur, le Français Dominique Strauss-Kahn, n'arrête pas de réclamer de nouvelles responsabilités dans la gouvernance du système monétaire.

Dans l'immédiat, le FMI, prêteur de dernier recours, s'apprête à aider de nombreux pays (Hongrie, Ukraine, Islande) qui peinent à honorer leurs engagements financiers. «De nombreux pays semblent connaître des problèmes en raison de retraits des capitaux étrangers ou des réductions de crédit de la part des bailleurs de fonds, a déclaré Dominique Strauss-Kahn vendredi. On est prêt à soutenir ces économies et on est en discussion avec eux.»

Réticences américaines

Le premier ministre britannique Gordon Brown et la chancelière allemande Angela Merkel estiment que le FMI devrait mettre en place un système d'alerte pour prévenir de nouvelles crises. Pour eux, il n'y a pas de doute que la crise financière a éclaté aux Etats-Unis faute de surveillance.

Fort de ses alliés, Nicolas Sarkozy compte faire valoir la nécessité d'organiser un sommet mondial au plus tard en novembre pour redéfinir le rôle du FMI.

Mais l'idée d'un deuxième «Bretton Woods», du nom de la ville américaine qui accueillit la conférence des Alliés en 1944, où le FMI et la Banque mondiale ont été créés, n'enchante pas trop de l'autre côté de l'Atlantique. Les Américains soupçonnent l'Europe de vouloir les tenir responsables de la crise financière. «Le problème n'est pas le manque de vigilance, mais de mauvaises politiques prises de part et d'autre, explique Ted Truman, chercheur au Peterson Institute à Washington. Nous devons tirer des leçons de la crise, mais nous ne voyons pas la nécessité d'une Bretton Woods II.»

Ted Truman fait par ailleurs remarquer que l'appel du premier ministre britannique est paradoxal. Selon lui, la Grande-Bretagne bloque les projets de réformes sur la gouvernance du FMI depuis plusieurs années uniquement pour conserver son siège au comité directeur.