Rapport

Le FMI met en garde contre le protectionnisme

Selon le Fonds monétaire international, un vent d’optimisme souffle sur l’économie mondiale. Il appelle à combattre les inégalités au lieu d’adopter des politiques de repli sur soi

La page de la crise économique et financière qui a dévasté l’économie mondiale depuis 2007-2008 semble être tournée. Dans son rapport annuel «Perspectives économiques mondiales» publié mardi dans le sillage de son assemblée général du printemps, le Fonds monétaire international (FMI) évoque un regain d’optimisme. Il relève, pour la première fois depuis 2014, ses précédentes prévisions. Après avoir progressé de 3,1% en 2016, le taux de croissance mondiale devrait passer à 3,5% cette année et à 3,6% en 2018. Cette accélération relève d’une reprise de l’activité économique, de l’investissement et de la hausse de la production manufacturière et du commerce mondial.

Les promesses de Donald Trump

Les pays avancés, mais aussi les grands pays émergents, tirent la croissance vers le haut. Le FMI a ainsi relevé sa prévision de croissance pour la zone euro (1,7%), pour le Japon (1,2%) et pour la Chine (6,6%). Mais c’est aux Etats-Unis où la progression sera la plus marquante: 2,3%, en raison du programme d’investissements massifs et de cadeaux fiscaux promis par le nouveau président américain Donald Trump. Le FMI estime que les pays émergents, fournisseurs des matières premières, bénéficieront largement de la reprise. L’institution financière relève que les prévisions catastrophistes suite au Brexit – la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne voté en mai 2016 – ne se sont pas matérialisées. Cette année, son PIB devrait progresser à 2%, en hausse de 0,5% par rapport aux prévisions faites en janvier.

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Ce n’est toutefois pas le moment de sabrer le champagne. Le gendarme de l’économie mondiale s’inquiète du spectre du protectionnisme qui pourrait faire dérailler la reprise en cours. Le FMI se réfère particulièrement au discours de la nouvelle administration américaine qui menace d’introduire des surtaxes sur les importations dans le but de protéger l’économie américaine. Le président américain Donald Trump a d’ailleurs annoncé mardi soir un décret appelant ses compatriotes à consommer américain et aux entreprises américaines à embaucher des ressortissants américains. Dans sa ligne de mire, l’Allemagne, le Mexique et la Chine même s’il s’est montré plutôt conciliant avec cette dernière ces derniers jours.

La stabilité du système

Pour le FMI, le protectionnisme serait une «mesure d’automutilation car il en résulterait une hausse des prix pour les consommateurs et les entreprises, une baisse de productivité et une diminution de revenus». Et de poursuivre: «Dans les pays avancés, la baisse de revenus ainsi que les inégalités incitent les décideurs à prendre des mesures de repli sur soi. Cette pression menace l’intégration économique mondiale qui repose sur la coopération.»

Alors que l’économie mondiale semble monter en puissance et arriver à un tournant, le FMI ne nie pas que le système économique et commercial mis en place depuis la Seconde guerre mondiale crée des gains et des coûts inégaux. «Il convient de s’attaquer de front à ces disparités afin d’assurer la stabilité d’un système commercial ouvert et qui profite à tous», concluent les auteurs du rapport.

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