En attendant sa réorganisation, voilà le FMI requinqué grâce à l'arrivée de nouveaux clients. Mais le prêteur doit prendre soin et prescrire de nouvelles potions à l'Ukraine, la Hongrie, l'Islande et sans doute à d'autres. Il doit surtout veiller à ce qu'elles ne soient pas aussi amères que celles jadis imposées aux pays pauvres d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud. Car dans beaucoup de cas, les patients se sont retrouvés plus malades qu'au départ. Les programmes d'ajustement structurel tant décriés ou les Documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté ont, avant tout, voulu assurer que les débiteurs remboursent leurs dettes aux bailleurs de fonds, quitte à couper dans les dépenses publiques de l'éducation, la santé ou le social. Résultat: de nombreux pays comme le Brésil, l'Argentine, la Russie ou la Thaïlande ont, grâce aux exportations de pétrole ou d'autres produits, remboursé avant les échéances pour ne pas serrer la ceinture jusqu'à l'étranglement.