Finance

Le FMI s’attaque à la surveillance des banques suisses

ANALYSE. La Finma devrait auditer elle-même les grandes banques et payer les auditeurs des autres établissements, recommande le Fonds monétaire international. Très éloigné de la pratique actuelle

«D’importantes déficiences demeurent» dans la supervision financière en Suisse. C’est le Fonds monétaire international (FMI) qui le dit, en marge de la présentation de son rapport sur la Suisse, le 1er avril. Reconnaissant que des «progrès considérables» ont été effectués, l’institution de Washington formule deux recommandations. Que la Finma, le gendarme suisse des marchés financiers, engage et paie elle-même les auditeurs qui surveillent les banques, et aussi qu’elle effectue des inspections au sein des banques, surtout les plus importantes. Nouveau coup de pression internationale sur une particularité helvétique.

Cette particularité, c’est «un ménage à trois parfois compliqué entre le surveillant, l’assujetti et l’auxiliaire», comme le qualifiait en octobre 2016 l’ancienne présidente de la Finma, Anne Héritier Lachat. Dans ce système dual, l’autorité étatique délègue les audits des banques à des sociétés privées spécialisées (Deloitte, EY, KPMG et PwC essentiellement). Et les banques paient la facture.