Immobilier

La Foncière n’a acheté qu’un immeuble en deux ans

Le fonds immobilier lausannois, qui possède 224 immeubles, est toujours plus sélectif dans ses acquisitions

La pierre n’a jamais été aussi attractive. C’est le fonds immobilier La Foncière, qui présentait mardi ses résultats annuels, qui l’affirme. Pour preuve: le rendement annuel de son dividende a atteint 2,05% à la fin de l’exercice clos le 30 septembre. Soit 2,17 points au-dessus du rendement des obligations de la Confédération qui s’inscrivent à -0,12%. Ce différentiel n’a jamais été si important, explique Arnaud de Jamblinne, directeur du fonds qui gère un parc immobilier d’une valeur vénale de 1,217 milliard.

«L’immobilier est toujours plus attractif et couru, insiste le directeur. C’est un placement financier par excellence: stable, durable et qui offre un rendement additionnel par rapport au marché.» Les taux bas puis les taux négatifs ont poussé les caisses de pensions à poursuivre leurs investissements dans l’immobilier. Fin 2014 – avant même le choc de l’abolition du taux plancher – leurs investissements dans ce secteur dépassaient les 20% de leurs actifs. Un phénomène alimentant, selon la Banque nationale suisse (BNS), des «déséquilibres» sur le marché des immeubles locatifs.

Albert Michel, président de La Foncière, balaie ces inquiétudes. Pour lui, la Banque centrale se focalise trop sur les marchés genevois ou zurichois: «L’analyse doit se faire région par région. Nous sommes conscients qu’il faut freiner les investissements dans certains pôles urbains. Mais il y a déjà eu une phase de concentration dans l’immobilier qui a été salutaire.»

Recherche de rendement

Selon le cabinet de conseil zurichois CIFI, en Suisse, la performance annuelle des immeubles de rapport s’est établie à 3,3% en 2015. Un chiffre qui trahit de profondes divergences entre les régions et les standings. La Foncière – qui affiche un rendement sur fonds propres de 5,95% – se montre donc particulièrement sélective. Sur les deux dernières années, elle n’a acheté qu’un immeuble, à Genève.

Arnaud de Jamblinne explique la stratégie: «Nous achetons peu d’immeubles. Chacun doit amener un plus. Nous évitons de nous disperser». Albert Michel complète: «Quand je vois des immeubles qui viennent de sortir de terre avec des rendements de 3%, je me demande bien quelle sera la performance une fois que les taux d’intérêt seront remontés.»

Mais où se situent donc les opportunités pour les investisseurs? Arnaud de Jamblinne rappelle que le fonds continuera à faire ce qu’il a toujours fait, à savoir de l’immobilier locatif (62% de son parc), en zone urbaine et «tourné vers la classe moyenne à moyenne basse». Pas question en revanche de se diversifier en Suisse alémanique. «Il nous faudrait recourir à des cabinets externes pour faire des études de marché. Nous estimons que nous devons nous concentrer sur ce que nous maîtrisons.»

La Foncière compte un parc de 224 immeubles et 4117 logements (69 000 m2) situés à plus de 84% dans les cantons de Genève et Vaud. Il est actuellement en procédure pour l’acquisition d’un groupe important d’immeubles, situé «dans l’arc lémanique».

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