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Jurgi Camblong a été nommé «entrepreneur émergent» de l'année 2017 par le cabinet EY.
© KRISTIAN SKEIE

Récompense

Le fondateur de Sophia Genetics nommé entrepreneur de l'année

Le cabinet EY honore le scientifique et commercial Jurgi Camblong dans la catégorie «entrepreneur émergent». Le natif de Bayonne souligne l'importance de la sérendipité dans l'intelligence collective

Jurgi Camblong n’est pas avare de métaphores footballistiques, à l’annonce vendredi soir de sa nomination comme «entrepreneur émergent» 2017. Récompensé par le cabinet d’audit EY pour son travail à la tête de Sophia Genetics, dont il est patron et cofondateur, ce fan de l’ex-gardien basque Luis Miguel Arconada préfère parler de «victoire du groupe» ou de «succès d’une aventure collective».

Joint par Le Temps en voyage d’affaires – un tour du monde express qui l’a amené de Séoul à Boston en passant par São Paolo –, il enchaîne sur la «mondialisation heureuse» qui assure l’assise de Sophia Genetics, «la mondialisation du partage des connaissances, grâce à la technologie».

Convaincre pour relier

Basée à Saint-Sulpice (VD), dans les environs de Lausanne, l’ancienne start-up (150 employés, dont un peu plus de la moitié en Suisse) est spécialisée dans l’analyse de données médicales. Son modèle d’affaires: la mise en réseau des hôpitaux et l’élaboration d’algorithmes qui doivent permettre de «rendre leurs données génomiques plus fiables». Et donc le diagnostic des médecins également, notamment en matière de dépistage du cancer du sein, où elle revendique un taux de réussite de 98%.

Cela notamment grâce à son réseau de 360 hôpitaux répartis à travers le monde et l’immense base de données ADN (anonymisée) que cela représente: 8000 patients analysés par mois.

Jurgi Camblong, qui aime rappeler que Sophia Genetics figure au 30e rang mondial des «smartest companies» selon le top 50 du MIT Technology Review, admet une certaine rigidité du monde médical à l’idée du partage de données. Un secteur conservateur où la compétition entre établissements peut freiner le partage des connaissances. «D’où l’importance de créer de la confiance.» Il poursuit sa démonstration, de son ton posé: «De convaincre sur la valeur ajoutée de notre approche. Et d’insister sur la confidentialité des données.»

Le scientifique et le commercial

Le cabinet EY – qui souligne son «excellence scientifique» alliée à son «sens des affaires», parmi les profils des 14 autres finalistes désignés par le jury indépendant – salue le talent commercial et le bagout de cet originaire de Bayonne. «Surtout, il y a cette passion qui le meut et mobilise ses collaborateurs», selon les mots de l’un des membres du jury.

Lire aussi: Sophia Genetics ouvre un nouveau centre de recherche

Une passion qui convainc aussi les investisseurs étrangers. Le mois dernier, Sophia Genetics et sa cheville ouvrière ont encore levé 30 millions de dollars (28,7 millions de francs), le double depuis la fondation du laboratoire en 2011. Après avoir ouvert un troisième site de recherche au Campus Biotech à Genève (en plus de l’EPFL et de Cambridge), Jurgi Camblong espère poursuivre l’accroissement de son réseau d’hôpitaux «afin de résoudre des problèmes toujours plus complexes».

Vers des traitements sur mesure

Le diplômé d’Oxford et de l’EPFL admet devoir beaucoup à la «sérendipité», ce concept anglo-saxon désignant une innovation découverte de manière fortuite, le plus souvent en cherchant autre chose. Parmi les nouvelles perspectives ouvertes par le croisement de données façon Sophia Genetics, l’amélioration non plus seulement des diagnostics, mais aussi des traitements: «L’élaboration de cohortes virtuelles permettrait de voir, en fonction du profil génétique, quel type de traitement est le plus effectif pour une personne. On entre dans l'ère de l’épidémiologie en temps réel.»

Il voit plus loin et imagine qu’à terme, la problématique du recrutement des patients pour les essais cliniques pourrait être réglée plus efficacement via une meilleure exploitation du Big Data par les hôpitaux.

Des déclinaisons du modèle Sophia Genetics non anticipées par son auteur. Mais, finalement, n’est-ce pas à cette ouverture des possibles que l’on reconnaît une bonne idée? Il préfère emprunter la notion de «Minimal Viable Product» au secteur «tech»: «Le succès des entreprises dépend de leur capacité à répondre rapidement au marché. Plus la mise sur le marché est rapide et plus nous aurons de chances d’apporter de bonnes solutions aux hôpitaux.» Autrement dit: une bonne idée est celle qui trouve son marché.

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