Première sur le marché helvétique des titres, l’Ethos Swiss Corporate Governance Index (ESCGI) privilégie les entreprises suisses qui respectent les meilleures pratiques en matière de gouvernance d’entreprise, annonce lundi la fondation. L’indice permet ainsi de réduire la pondération de sociétés «à risques».

«La méthodologie novatrice de cet indice permet de mitiger les risques liés à une mauvaise gouvernance qui sont ignorés par les indices classiques», explique Vincent Kaufmann, directeur de la Fondation Ethos, cité dans le communiqué. La collaboration avec SIX Swiss Exchange, opérateur de la bourse suisse, apporte l’expertise en matière de construction d’indices.

L’ESCGI peut carrément exclure les mauvais élèves. Il sous-pondère les firmes avec d’importantes émissions de carbone ou celles qui présentent une controverse sur le plan environnemental ou social. La structure du capital, du conseil d’administration et les rémunérations des dirigeants pèsent aussi sur la balance.

L’expérience Sika

Tandis que l’environnement des taux bas et négatifs met les caisses de pension sous pression, le recours à la gestion indicielle augmente, explique à l’ATS Vincent Kaufmann. Et l’affaire Sika a fait bouger les choses. Très vite, Ethos s’était opposée à la décision des héritiers de la famille Burkard (qui détient 16% du capital et 52% des droits de vote) de vendre leurs actions au concurrent Saint-Gobain.

Au cœur du litige toujours en suspens, l’existence de deux catégories d’actions, la limitation des droits de vote et la clause d’opting-out inscrites dans les statuts. Cette dernière permet à l’acquéreur de prendre le contrôle de Sika avec seulement 16% du capital et sans passer par une offre publique d’achat.

En Suisse, les groupes Swatch ou Schindler présentent une constellation similaire, ce qui constitue un risque important, selon Ethos. En vertu des critères du ESCGI, le numéro un mondial de l’horlogerie est sous-pondéré en raison de l’existence de plusieurs catégories d’actions, d’une dérogation de faire une OPA en cas de changement de contrôle et du manque d’indépendance de son conseil d’administration.

Investisseurs privés

Ethos entend par ailleurs ouvrir l’ensemble de ses fonds de placement aux investisseurs privés. La demande d’autorisation a été déposée auprès de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma).

D’ici quelques semaines, sous réserve de l’aval du régulateur, les personnes privées pourront alors souscrire à des parts des fonds Ethos, aux mêmes conditions que les investisseurs institutionnels. La gestion de ces fonds, selon les critères de l’investissement socialement responsable définis par Ethos, est déléguée à des banques privées.

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