Ecologie

La Fondation Opaline sème des vergers participatifs

Sofia De Meyer, fondatrice du fabricant de jus et de limonades écoresponsable, a créé une fondation. Son but: faire parrainer des arbres fruitiers afin de créer un «cycle économique collaboratif». Les 450 premiers pommiers poussent déjà à Bex (VD). D’autres vergers devraient rapidement voir le jour

Dans le cadre des sept causes que Le Temps a décidé de défendre en 2018, année de ses 20 ans, nous nous sommes associés à la Fondation Opaline. Son projet consiste à faire parrainer des arbres, pour un montant de 250 francs par an, afin de financer un cercle économique durable et local que nous décrivons dans cet article.

La Fondation a quatre buts: participer à la sauvegarde de la biodiversité, contribuer à reconnecter les gens à la terre et à ce qu’elle est capable de nous donner, rémunérer équitablement un agriculteur et offrir un lieu de vie et d’échanges, à travers diverses activités

100 arbres sont réservés pour les lecteurs du Temps. Vous êtes intéressés? Vous trouverez ci dessous le lien vers le formulaire permettant de soutenir ce projet. Outre les différents événements organisés par la fondation elle-même, les parrains du Temps seront invités à un événement surprise à la fin de l’été.

> Le formulaire: Je parraine un arbre

Le parrainage d’un arbre est réservé en primeur à nos abonnés et les inscriptions seront enregistrées selon leur ordre d’arrivée.


C’est une suite logique. «Une continuité de la philosophie Opaline». Jusqu’ici, «nous avons cherché à reconnecter les gens à la nature à travers une bouteille. Désormais, nous faisons un pas supplémentaire, on les reconnecte avec les arbres».

Sofia De Meyer vient de créer une fondation. Son but? Faire parrainer des arbres, offrir leurs fruits à leur parrain mais surtout, financer un écosystème qui bénéficie à un cercle local. Un «cycle économique collaboratif», comme le décrit la fondatrice et directrice du fabricant de jus et de limonade écoresponsable.

Bientôt 900 arbres fruitiers

450 pommiers ont déjà été plantés à Bex (VD), dans le verger d’Urbain Girod et de sa fille Audrey, des arboriculteurs et pépiniéristes. Ce sont aussi leurs pousses qui ont été plantées. Du pur local, donc, et de l’agriculture biologique, aussi, évidemment.

Ces vergers vont aussi contribuer à préserver la biodiversité. Des variétés anciennes d’arbres vont être plantées, des nichoirs vont être installés, des fleurs et d’autres plantes seront disséminées entre les arbres.

L’an prochain, le même terrain sera enrichi de 450 autres arbres, des poiriers cette fois-ci. Mais la fondation ne compte pas s’arrêter là. Un autre verger sera peut-être bientôt planté dans le canton de Genève – les discussions sont en cours. A Vouvry (VS), un cultivateur de carottes a également été séduit par l’idée. C’est aussi le cas du Temps, qui s’associe à ce projet. Il suivra son évolution tout au long de l’année et propose dès à présent à ses abonnés de parrainer un arbre (voir lien ci-dessus).

Ce projet de vergers «ne promet pas un rendement, ni d’être parfait. Il promet juste de faire le mieux possible».

Sofia de Meyer

Pour son nouveau projet, Sofia De Meyer n’a pas d’ambitions chiffrées. Ni démesurées. Elle lance quand même, davantage en forme d’espoir que d’objectif: «Aujourd’hui, Opaline vend un million de bouteilles par an, soit autant de petits gestes écoresponsables. Imaginez un million d’arbres…».

Laisser pousser ou semer activement

Mais Sofia De Meyer, ancienne avocate dans un cabinet londonien. a les pieds sur terre. Et une énorme envie de voir cet écosystème s’épanouir. «Parfois, je me dis que l’on a planté les premières graines et que je souhaite laisser grandir cette communauté par elle-même. Mais à d’autres moments, j’ai envie de me battre, de planter un nouveau verger demain! Comme, par exemple, pour aider cet agriculteur fribourgeois en détresse dont j’ai entendu parler».

Lire aussi: Sofia de Meyer, les fruits de la passion

Elle-même le reconnaît. Elle marche à l’émotionnel. Mais cela ne l'empêche pas d’avoir une idée bien précise du modèle de la fondation qui vient d’être créée dans le canton de Genève.

Le prix du parrainage d’un arbre a été fixé à 250 francs par année. Chacun peut s’engager, seul ou à plusieurs, pour la durée qu’il le souhaite. Un engagement de trois ans minimum est toutefois requis pour les entreprises pour les inviter à «s’investir avec nous sur la durée et assurer un impact positif concret».

Un besoin de «reconnexion»

Les centaines de milliers de francs récoltés lors de ce premier parrainage serviront d’abord à rémunérer l’agriculteur chablaisien pour planter et entretenir le verger. Mais aussi à rémunérer ceux qui travailleront durant les semaines, voire les mois, que peut durer la récolte. Des personnes en phase de réinsertion sociale et, pourquoi pas, des retraités, lance Sofia de Meyer. Les parrains des arbres feront eux aussi partie de cueilleurs.

L’entreprise Opaline s’est d’ores et déjà engagée à racheter les éventuels surplus que les parrains ne pourraient pas avaler. Et, à terme, si les vergers se multiplient, Sofia de Meyer espère bien que d’autres fabricants en fassent de même. Ce système assure ainsi un revenu fixe aux agriculteurs impliqués. Précieux, à une époque où ils sont nombreux à travailler à perte et à vivoter grâce aux subsides. «Depuis les débuts d’Opaline, en 2009, j’ai observé, du côté des clients, ce besoin de «reconnexion» à la nature et, du côté des agriculteurs à ceux qui achètent et aiment leurs produits.»

Des lieux de vie et de rencontres

Grâce à leur contribution, les parrains financeront aussi l’animation des portes ouvertes, qui auront lieu le 16 juin prochain. Différents ateliers, pour les parrains et leur famille, mais aussi pour les écoles environnantes, sont également prévus sur le site. Il y aura des rencontres avec des artisans qui transforment le fruit, des journées découvertes avec un ornithologue. En résumé, les vergers participatifs de la fondation ne seront pas seulement des producteurs de fruits, ils seront des lieux de vie et d’éducation.

«On ne veut pas un modèle fixe, on se laisse la porte ouverte», précise Sofia De Meyer. Ainsi, la fondation va mandater des étudiants des écoles d’agriculture les plus proches pour mettre sur pied et superviser chaque projet individuellement.

Son projet de vergers «ne promet pas un rendement, ni d’être parfait. Il promet juste de faire le mieux possible». Et pour Sofia de Meyer, c’est déjà beaucoup plus que de ne rien promettre du tout.

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