Technologie

Pourquoi les fonds activistes ont enterré les ambitions de Sunrise

Axxion et Active Ownership Capital ont été de précieux alliés de Freenet pour empêcher le rachat d’UPC par Sunrise

Si Sunrise a échoué à racheter UPC, c’est d’abord à cause de Freenet, l’opérateur télécom allemand qui détient 24,5% de son capital. Son directeur, Christoph Vilanek, n’a cessé de dire tout le mal qu’il pensait de cette opération. Freenet a rapidement été aidé dans sa tâche par deux fonds activistes, Axxion et Active Ownership Capital (AOC) – ce dernier étant entré dans le capital de Sunrise après son annonce de rachat d’UPC. Ces deux actionnaires ne disposent chacun que de 3% du capital, mais leurs arguments ont réussi à supplanter ceux de Sunrise.

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Et la principale motivation à tout tenter pour court-circuiter ce rachat tient en un mot: les dividendes. Avant son entrée en bourse, Sunrise n’a eu de cesse de promettre un retour sur investissement intéressant pour ses actionnaires. L’opérateur a tenu parole, en versant au moins 65% de l’equity free cash-flow, avec l’objectif de verser même 85% si le ratio dette nette/EBITDA ajusté est inférieur à 2,0. Pour 2018, l’opérateur avait augmenté le dividende de 5% à 4,20 francs, avec la volonté de le faire croître de 4 à 6% ces prochaines années.

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Prévisions opposées

Cette politique généreuse, Sunrise l’a même améliorée fin septembre lorsqu’il corrigeait son offre de rachat d’UPC, annonçant une nouvelle hausse des dividendes pour 2019. Des arguments irrecevables pour le cofondateur d’AOC, Florian Schuhbauer, qui affirmait récemment qu’en cas de rachat d’UPC, «nous aurions des activités en recul et aucun dividende, avec à la clé un effondrement du cours du titre». En face, Olaf Swantee, directeur de Sunrise, n’a cessé de répéter que le dividende ne baisserait pas. Ses arguments n’ont pas été écoutés.

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Freenet, de son côté, a multiplié les arguments contre le rachat d’UPC, critiquant le prix payé et la pertinence, pour Sunrise, de détenir le réseau fixe de sa proie. Mais pour Sunrise, c’est surtout le dividende versé qui intéresse Freenet. Dans l’un de ses argumentaires, l’opérateur suisse affirme ainsi que «Freenet est de plus en plus dépendant du dividende de Sunrise pour son cash-flow. En 2018, le dividende de Sunrise a contribué à 19,6% du dividende versé par Freenet».

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L’opérateur suisse n’a ainsi pas su convaincre ses actionnaires frondeurs que sa politique de dividendes ne serait pas touchée par ce rachat. Désormais, Sunrise doit faire face aux demandes insistantes, émanant tant d’Axxion que d’AOC, du départ de Peter Kurer, président du conseil d’administration.

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